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Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

Philosophons un peu

Publié le 20 Juillet 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs in À fleur de pensée

 

    Philosophons un peu

 

 

Je ne suis pas assez érudite pour confronter les philosophes entre eux dans les dogmes qu'ils énoncent, cependant je me rends compte qu'ils ont tous leurs contradictions. Et moi, ce qui me passionne par-dessus tout, plus que la vérité divinement révélée et déclarée comme telle par cet enseignement qui se veut infaillible, c'est de verbaliser tout ce qui peut structurer ma vie d'être humain sur Terre, pour mieux accepter de continuer à y évoluer.

 

J'ai cherché longtemps chez les philosophes qu'ils balayent mes doutes de leurs certitudes, alors que ce sont leurs doutes permanents qui dissipent mes convictions comme neige au soleil. Une bonne partie de ma vie m'aura été nécessaire pour admettre que je suis seule maître à bord de mes décisions et de la façon de mener ma barque. Une grande partie de ma vie pour comprendre que l'enseignement n'est pas fait pour m'imposer ses lois – lois que j'ai toujours refusées dans un premier réflexe purement animal - mais pour me pousser à cultiver ma propre réflexion les yeux grands ouverts.

Certains diront que j'enfonce des portes ouvertes, mais il est si bon de les enfoncer parfois. Ne serait-ce que pour s'affirmer à soi-même sa prise de position, aussi indolente soit-elle.

 

C'est ainsi qu'aucune idéologie à ce jour n'est arrivée à me convaincre. Je bâtis la mienne pensées après pensées piochées en me situant par rapport au monde, et en me perdant en permanence dans leur complexité.

 

Le chantre de cette pensée complexe, c'est Edgard Morin. Philosophe et fringant centenaire qui a gardé une vivacité et une sagacité extraordinaires après avoir traversé toutes ces décennies.

 

Je ne le vénère pas plus lui que ses célèbres confrères depuis l'Antiquité. Cependant, c'est grâce à lui que je réalise à quel point on trouve le boire et le manger dans la philosophie.

 

Leur grand mérite, à tous ces grands hommes, c'est d'agencer, de mettre en forme et de tenter d'expliquer le monde et nos façons de nous comporter par rapport à ce monde dans lequel nous grandissons.

Si Edgard Morin m'intéresse plus que d'autres en ce moment, c'est parce que, homme contemporain, il est à même de dépatouiller mieux que personne le fonctionnement des sociétés de notre époque. Ce qui n'est pas menue monnaie à l'heure où j'aurais souvent tendance à avoir envie de me glisser dans mon trou, à tout jamais enterrée par mes phobies galopantes.

 

  • Entre le covid qui nous rend tous plus moutons de Panurge que jamais en nous faisant trembler de peur comme si mourir n'était pas inscrit dans nos gènes ;

  • les tyrannies de toutes parts qui ne visent qu'à semer le chaos pour manipuler et asservir la planète entière à leurs seuls intérêts ;

  • les réseaux sociaux qui, au lieu de créer cette fraternité dont nous avons essentiellement besoin, sont de véritables plaies purulentes qui concentrent tout ce qu'il y a de pire dans l'humanité, déversant haine et violence à tout-va ;

  • la cupidité et le sordide qui règnent en maîtres ;

  • notre Terre-Mère qui est en train de lâcher de partout, aux dires des alarmistes, peu instruits, il faut croire, des caprices de notre chère planète. Elle qui, depuis qu'elle est planète, alterne les périodes de feu et de glace. Ces mêmes alarmistes, dans un orgueil démesuré, octroient le suprême pouvoir de tout détruire à l'homme rikiki et insignifiant que nous sommes devant les forces d'une nature qui nous dépasse haut-la-main ;

  • sans oublier le moustique-tigre et autres joyeusetés bestiolitiques qui nous promettent l'enfer. 

Je chagrine souvent sur l'avenir réservé à nos générations futures, mais je me console en me disant que c'est d'avoir trop vécu qui me fait voir le tableau si sombre, et je continue à cultiver l'espoir en misant sur les ressources inépuisables de la jeunesse. Elle qui saura, je le lui souhaite, se montrer comme toujours rebelle et insoumise afin de ne pas se laisser bouffer par la bêtise à l'état pur et par une technologie dévorante avec ce numérique qui ne vise qu'à nous asservir (bis repetita).

 

Je n'ai jamais été transcendée par une religion qui, en nous accusant de tous les maux, entretient le sentiment de culpabilité comme un joug nécessaire pour nous manipuler. De la même façon, je ne laisserais jamais, aujourd'hui comme hier, une quelconque autorité me dicter ma conduite tant que je roule dans les clous. Et ce n'est que pour entretenir la paix – celle de mon âme et celle avec mes voisins - que je mets genou à terre devant l'écrasante majorité qui dicte les lois de la société dans laquelle je vis.

 

Promis, dans une prochaine vie, si prochaine vie il y a, je reviendrais en anachorète perché loin, très loin des clameurs du troupeau.