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Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

Sur l'écran troublé de mes nuits blêmes

Publié le 31 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Sur l'écran troublé de mes nuits blêmes

 

 

Une envie irrépressible me titille à longueur de jours éphémères, en même temps qu'un vide immense me noie. Écrire. Poser mes atomes crochus sur la couche vierge d'un écran, arracher mes soupirs à la nuit pour les saigner vifs dans le barbare de la lumière.

 

Mots oripeaux, vous qui m'habillez et m'étouffez de vos verbes hauts, clameurs idoines, me voilà prise en étau sur l'équilibre précaire d'un fil, entre le savoir et le vouloir où sauvage je fluctue amarrée lasse.

 

Quand mes mots terribles voudraient se faire beaux, pas dupe je vois affiché sous leurs cernes le désir d'oubli. Mais comment oublier qu'ils ne servent qu'à meubler l'espace vertigineux d'un néant encombrant ?

 

La passion n'est qu'un leurre. Elle naît pour rendre imperceptible l'illusion. Un subterfuge qui ne trompe pas le sixième sens aiguisé au papier-verre, boule de cristal extra-lucide d'où s'échappe ruisselant marasme l'outrecuidante réalité.

 

Pourtant, quand la douleur devient infâme marécage, un fil je dois trancher. Ténu fil de l'encre, ou fil cannibale de la peur enguirlandant le soi à tout jamais des maux dits mots ?

 

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Derrière le tain s'efface

Publié le 30 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

 

   Derrière le tain s'efface

 

 

Plongeant dans le miroir d'en face, je ne suis qu'une série d'images séquentielles faisant partie d'un tout que je n'aperçois jamais dans son ensemble.

 

Là, le dessin d'une paupière soulignée d'un rapide trait prune au ras des cils ; plus bas, sous le galbe de la joue haute et rebondie, le rose léger des lèvres entrouvertes, près desquelles s'immisce souvent un poil raide et disgracieux. Rien d'autre ne vient troubler mon regard fugace, ni même l'envie d'en découdre davantage.

 

Chaque matin au sortir du bain c'est le même rituel. Le temps de me camper devant mon reflet, à peine solide sur mes deux pieds, déjà j'oscille oubliant le passage en revue que je voulais m'infliger. Comme si mon bon vouloir soudain se métamorphosait en petit oiseau écervelé, fugitive évanescente je m'enfuis à tire-d'ailes loin de ce moi que je ne vois pas et me laisse de marbre.

 

J'ai une bien meilleure vision de mon moi intérieur, ce chaudron en perpétuelle ébullition, magma glougloutant dans son marécage de pensées qui peinent à s'apaiser.

 

Dans cette fuite en avant devant ma psyché, le salut est dérisoire. Le savoir n'en est que plus blessant.

 

Souvent j'ai plié ma volonté pour soutenir mon regard dans la glace, cherchant quelques secrets escamotés en scrutant mes rides, voire un invisible grain de sable pour expliquer le dysfonctionnement. Rien n'y fait, un brouillard délétère venu du fond des âges dilue l'image qui disparaît aussitôt derrière le tain.

 

Soulagée, même si résignée, d'un mythique coup de pied nonchalant j'envoie bouler l'énigme sous un monceau d'oubli et je reprends, à peine un peu plus folle qu'avant, la course du temps...

 

 

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Filature à vau l'eau

Publié le 22 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Filature à vau l'eau

 

 

Aux lasses virgules entres mes poings, lâcher du lest...

 

 

Je n'ai ni mer, ni montagne, à peine un ciel immense qui me parle de ses ailleurs, entre le néant, ici et maintenant.

 

Hier, quand la route glissait une fois encore devant mon regard aux aguets et mes pensées folâtres, il m'a dit, dans un langage fleuri que je suis la seule à comprendre, que le temps était venu d'apprendre à écrire avec des points et des virgules ; d'apprendre à poser mon souffle entre les mots, et laisser battre mon cœur oubliant sa chamade entre les lignes...

 

Lui, m'a montré l'exemple avec son espace infini qui donnait des envies de vivre, et les nuées qui le morcelaient à perte d'horizon.

 

L'asphalte mouillé d'une récente ondée, un large arc-en-ciel naissant se dilatait mollement entre les platanes de la route, au ras des collines. Sur ma gauche, un matelas noir épais d'orage ; à ma droite, l'azur boursouflé s'effilochait par mèches entières, d'un coton blanc et doux comme l'oreiller sous ma joue les nuits de sommeil.

 

J'ai d'emblée voulu immortaliser l'instant, oubliant dans ma hâte que rien ne retient l'instant. Il file, plus rapide que le sable entre les doigts, et me laisse, entre l'avant et l'après qui n'est jamais le bon moment, toujours désemparée, dépitée devant l'échappée belle.

 

Se peut-il que l'on puisse passer une vie entière à courir après l'instant parfait ?

 

La réponse s'épuise dans la question, au même titre que la déception, la vanité, l'espoir défait et la folle clairvoyance, celle qui donne envie de se noyer pour oublier la voix de braise à mon oreille, et pour que puisse enfin revenir la lumière...

 

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Mes crépuscules grandioses

Publié le 19 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

 

   Mes crépuscules grandioses

 

 

Suprême zébrée au bord du trapèze

la beauté avec la douleur en contrepoint

comme l'épine fichée droite au cœur

titille et tente de soutirer à l'âme ses secrets

 

En équilibre sur l'encre volée au mystère

tandis que chutent en lambeaux ravaudés

telles de mortes et pitoyables opalines

un tourbillon sibyllin et son brouillard épais

plombée par le vide et le trop plein d'intérêt

je ploie sous l'amalgame bariolé des lignes

 

Sombre une fois encore sous la voûte indéfectible

pécheresse entachée je dessine à mains nues

les couleurs en boucle d'un temps Mandala

 

 

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Allo Papa Tango Charlie (*)

Publié le 15 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Allo Papa Tango Charlie (*)

 

 

Est-ce que j'habille mes rêves sur mesure

pour refaire le monde à ma façon

ou bien est-ce que j'habille seulement le vide ?

 

Un sage m'a dit autrefois :

« On ne pose que les questions dont on connaît déjà les réponses ! »

 

Il avait raison je la connais la réponse

elle m'effraye c'est pourquoi je m’agrippe

à son silence tonitruant tête dans le sable

piètre les pieds tournés en dedans

 

La vie ce grand foutoir cette panse vide

en permanence affamée bruyante et cacophonisante

est avide de se remplir de riens pour éviter le vrai

 

Je hais les jours où je joue pas dupe

à me la couler douce dans la marée humaine

où je prête attention aux sornettes

aux offuscations en tous genres

tirant sur la bobinette pour voir

si la chevillette cherra

 

Ce n'est pas comme si je ne savais pas

alors je gerbe tout mon saoul et je me noie

le drame est éternel...

 

Il me semble moins souffrir

les jours glauques d'abandon

pourtant je l'entends sans arrêt

cette petite musique de fond

chanson de la vie-scie égoïne

qui vrille et a toujours raison

 

Etions-nous moins heureux

lorsque nous en savions moins ?

 

L'information en continu

du tout et pour n'importe quoi

infuse la peur plus qu'autre chose

 

L'homme égal à lui-même

n'est pas de plus en plus fou

il l'a toujours été...

 

 

(*) Dans le langage de l'aviation ''Allo Papa Tango Charlie'' peut s'employer lors d'un atterrissage ardu et se traduire par ''Allo, Prise de Terrain à la Con''

 

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Poème de passage

Publié le 13 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

   Poème de passage

 

Je n'aime pas parler pour faire du bruit

ni les papillons cloués sur les cartons

alors je poème à mes heures secrètes

à la mémoire des nuages renversés

quand je suis pluie et rage

dos tourné au mur

dans le ramdam des larmes

derrière les vitres embuées

entre les fleurs d'un été à odeur de miel

entre la peau de l'air et mes semelles

en manque de ma lune natale

 

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Stollen 2019 - Noël J-17

Publié le 8 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Miam !

C'est l'histoire d'une célèbre brioche alsacienne de Noël, que j'ai voulu re-tester avant de la présenter au petit-dèj familial du 25, histoire de voir si je n'avais pas perdu la main... Et ma foi, cela a fonctionné encore une fois.

Ce gâteau se fait toujours en proportions généreuses, car il est  le symbole du partage.

Ce magnifique spécimen de près de deux kilos, sera donc partagé entre les collègues du bureau, autour du café demain matin ; Claire, la jeune caissière sympathique du magasin, qui avait l'eau à la bouche lorsque je suis passée en caisse avec tous les ingrédients nécessaire à la fabrication de cette gourmandise ; et un couple de retraités voisins qui ne cuisinent plus depuis longtemps - Eux symboliseront tous ceux que j'aimerais intégrer dans ce partage et qui, pour diverses raisons, ne seront pas là...  et bien sûr, nous nous en délecterons comme il se doit et tant qu'il en restera, le matin au petit-déjeuner.

Miam !...

Le Stollen à ma façon

 

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Ingrédients :

 

  • 750 g de farine

  • 1 sachet de levure boulangère

  • une pincée de sel, une pincée de sucre

  • 25 cl lait tiède (parfumé à la cardamome et à la cannelle)

 

  • 250 g de beurre ramolli

  • 3 œufs

  • 100 g de sucre

  • zestes râpés d'un citron et d'une orange

 

  • 100 d'amandes effilées

  • 125 g de raisins de Corinthe mis à gonfler dans un verre de rhum mélangé à la moitié d'eau chaude

  • 100 g de noisettes ou d'amandes concassées

  • 100 g de zestes d'orange et de cédrat confits

  • 100 g de fruits confits

 

 

ETAPE 1 :

 

  • Mettre la farine dans le bol du batteur

  • Creuser un puits

  • y verser la levure boulangère + une pincée de sucre et une pincée de sel (le sel ne doit pas se trouver au contact de la levure)

  • et ajouter le lait tiédi, où aura infusé de la cardamome et de la cannelle

  • remuer délicatement pour ne pas faire effondrer le puits

  • recouvrir avec un peu de la farine autour

  • laisser reposer 30 min minimum

 

ETAPE 2 :

Pendant ce temps, dans un saladier réunir tous les fruits :

 

  • Détailler les zestes et les fruits confits en gros cubes

  • hacher grossièrement les noisettes, les amandes

  • ajouter les amandes effilées

  • ajouter les raisins secs rapidement égouttés

 

ETAPE 3 :

  • Dans un saladier battre le beurre ramolli

  • ajouter et mélanger trois œufs

  • 100 g de sucre

  • 1 pincée de sel

  • ajouter les zestes râpés du citron et de l'orange

 

 

ETAPE 4 :

l'heure de pose passée

  • Verser l'appareil au beurre sur la pâte dans le bol

  • Ajouter le saladier de fruits mélangés

  • Faire tourner le batteur doucement

  • lorsque tout est bien amalgamé, couvrir d'un linge et laisser poser 30 min

  • Au bout de ces 30 min, dégazer la pâte gonflée avec deux ou trois coups de poings et laisser poser encore 20 min

 

5ème et DERNIÈRE ÉTAPE :

 

  • Déposer la pâte sur un plan fariné

  • former un rectangle irrégulier

  • rabattre une petite moitié sur la grande

  • à la main, donner la forme oblongue du Stollen

  • mettre à cuire à four th. 170° C (5/6) durant 1 heure

  • sortir du four

  • avec un pinceau étaler sur le gâteau chaud du beurre fondu (n'aimant pas le beurre je lui préfère une gelée de fruits délayée avec un peu d'eau chaude)

  • saupoudrer généreusement de sucre glace

    Et comme il se doit, la part de l'Ami de passage...

Prends, c'est pour toi !

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Un jour pareil au même

Publié le 6 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Un jour pareil au même

 

 

Suspendue entre hier et demain

à l'aplomb des heures qui viennent

campée hésitante sur mes deux pieds

j'ai peur j'espère et je doute

 

Les jours effrayants blacks fridays

leurs foules hystériques

meutes redevenues chiennes

redescendent l'Homme aux enfers

 

Et je flippe un max...

 

Qui des deux

la folie des hommes

le soleil en feu

d'où viendra la nuit de cendres ?

 

J'ai déjà le cœur en braises...

 

C'est bien ma veine

je suis génération extinction

nul futur pointé pour nos enfants à l'horizon

 

La Terre peu à peu perd la boule

pour moi pour toi pour eux

pour nos frères d'infortune

cul nu sous la lune

 

Et j'ai froid...

 

Forêts incendiées

âmes et eaux polluées

le néant des invalides

couve un pied-de-nez géant

 

Et je baisse les bras...

 

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Sous le roux de la feuille

Publié le 5 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Sous le roux de la feuille

 

Dans ma cour des cailloux roux

ce matin c'est encore l'automne

pleins et déliés goulus jouent

partout les mots m'encombrent

enrobant une histoire tronquée

vieille et sublime telle le monde

 

Comme coule la source

en ru limpide ou torrent fou

suivant le fil de l'eau

deux inconnus se croisent

sur un bout de trottoir

le sourire échangé

 

Dans mes yeux émerveillés l'autre

d'un regard voit son ombre allongée

 

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Le mal à dire

Publié le 4 Décembre 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Le mal à dire

 

 

Chaque jour sans cesse pour nourrir demain

recueillir ce hier venu picorer dans ma main

paumes renversées lignes de vie croisées

offertes à lire dans un ''Aime'' majuscule

 

Chaque jour sans cesse interroger les voix

des tenants et des aboutissants

des j'en-savais-rien mais qui-sait peut-être

des venus-trop-tard ou partis-trop-tôt

 

Chaque jour sans cesse creuser les limites

d'une peine effondrée entre moi et le ciel

dans un leitmotiv enivré d'incertitudes

le mal à dire au bord des lèvres

le mal au cœur au bout des doigts

 

Chaque jour sans cesse chercher ma place

perdue entre les c'est-ma-faute et le sémaphore

cliquetis de chaînes lourdes à porter

d'un présent imparfait au passé cannibale

où rien n'est grave mais tout se paie...

 

 

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