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Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

Sauter de l'iris à l'écureuil quand un trop plein de temps libre guette

Publié le 31 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans instantanés

- Une jolie et fière jonquille a servi de repas. Mais à qui ? Le mystère rôde... -

- Un mariage réussi entre l'azur, le soleil et le vert et rouge des fleurs... -

- mais où va l'écureuil tête en bas sur le tronc de l'érable ? -

 - tant que la ferme livre son lait frais, et les poules leurs œufs, voici le flan fait maison -

- bah, voilà où il allait l'écureuil, récupérer ses noix cachées de l'an dernier... -

- Promesses d'iris au soleil... -

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Confidences d'une confinée

Publié le 28 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

 

   Confidences d'une confinée

 

 

Quel genre de confinée suis-je ?

 

Sortie des jeux de mots à la con, je dirais que je suis une confinée prise aux tripes. La valse de mes intestins détraqués ces derniers jours est là pour me rappeler mon point sensible : l'après-digestion.

 

A l'annonce de l'état de guerre déclarée par le virus-hécatombe, mon instinct de petit animal sauvage déjà averti en amont par des roulements de tambours lugubres, j'ai fait face avec un ferme sens des réalités, mâtiné toutefois d'un brin de scepticisme. Comme si j'avais eu besoin de ce brin de doute pour éradiquer les effets d'une peur panique tapie dans l'ombre prête à me sauter à la gorge.

 

En clair, j'ai gardé la tête froide en apparence tandis qu'elle cogitait à une vitesse grand-train, mon subconscient devenu le jouet d'un kaléidoscope pris de folie qui faisait tourbillonner des images et des pensées d'apocalypse à l'infini.

 

Ma gestion du stress, si elle m'évite les nausées vomissantes dans un premier temps, passe inexorablement par le tord-boyaux essorage, la fièvre en sourdine et les vertiges trémolos. C'est le prix à payer pour afficher un sourire aux lèvres.

 

Passé ce gros coup de spleen, où j'ai souhaité, comme on enfouirait la tête dans le sable, perdre à tout jamais la raison, je me suis réveillée le matin du neuvième jour avec l'impression de tirer à moi seule une charrette à bras remplie à outrance de toute la lie de l'humanité. Une fatigue extrême a anesthésié mon corps tout entier ainsi que mon esprit, durant les deux jours suivants. Jusqu'à ce que la douleur piquant de toute part prenne le dessus et me fasse redescendre sur Terre.

 

Pour ne pas me laisser contaminer par la panique, je respecte les mesures de précautions sanitaires, veillant toutefois à ce qu'elles ne tournent pas à l'obsession, et surtout, j'évite les informations en continu. Je prends connaissance des dernières nouvelles dans la presse écrite du matin, et le soir j'allume la télé pour les infos de vingt heures.

 

Entre ces deux points repères du jour, j'essaie de continuer la vie le plus normalement possible, prenant juste en compte les nouvelles normes. Le machinal des habitudes permet de rester la tête vide durant quelques moments indispensables pour garder une bonne santé mentale. Je coupe le plus tôt possible tous les ''et si... ?'' qui tournent en boucle dans ma tête, avant qu'ils n'alimentent de trop un pessimisme nocif qui pourrait devenir rapidement l'arme de destruction massive.

 

Bien sûr, je ne peux empêcher quelques flashes de criantes vérités de m'assaillir quand je me crois à l'abri. Lorsque soudain j'ai l'impression de m'étouffer, je me contente d'attendre que l'orage passe en faisant le dos rond et en reprenant tout doucement le contrôle sur ma respiration, en espérant seulement que la trame de mon optimisme ne s'use pas trop vite....

 

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Fauve est la nuit

Publié le 26 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Fauve est la nuit

 

Feulements et ronrons pris au piège

j'ai tranché au plus près du verbe

sur le fil de ma langue étouffée

par goût du sang et peur du vide

 

A l'heure où s'écorche l'espoir

bercé au halo hagard de la nuit triste

sur le chemin de mes étoiles

file libre le vent

 

Déchirures en contrepoints

au ras des regards ébréchés

des lendemains tendres avortés

usent la pacotille de mes rêves

 

Encore le vide toujours les pleurs

à la lisière des cils baissés

 

Enseveli sous le manque "je t'aime"

un plaisir furtif se hausse en filigrane

épanché vif au rose des joues

insufflant son tempo pulsatile

à la pulpe tendre de l'âme

 

Renaîtront les jours déridés

diadèmes cruels en bandoulière

sous les pourpres incandescentes

d'un nouveau ciel apprivoisé

 

 

 

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Multiflore

Publié le 22 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans instantanés

 

En ce moment, les mots peinent à sortir. Et alors qu'avec le confinement obligatoire plus rien ne m'oblige à bouger, même plus ce petit sentiment de culpabilité qui me taraudait parfois quand je rêvassais à longueur de journée devant mon écran, maintenant il faut que je sois toujours en mouvements... ce qui n'aide pas vraiment pour trouver l'inspiration pour écrire.

 

Heureusement, une autre de mes passions me permet d'associer bouger-photographier les fleurs-jouer...

 

Saurez-vous reconnaître dans le tableau ci-dessous de quelles fleurs il s'agit, entre le forsythia, le céanothe, la spirée, la rose polyantha, le prunus, le pissenlit, la jacinthe d'Orient ou encore le kerria japonica (Corète du Japon) ?

 

Un indice : vous les avez déjà vues, une fois ou une autre, sur mon blog... ^^

 

J'attends vos réponses par les biais habituels. Prenez bien soin de vous.

 

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Le ciel droit dans ses bottes

Publié le 20 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Le ciel droit dans ses bottes

 

L'humeur du temps est au yo-yo. Tantôt en haut, tantôt en bas, l'espoir oscille.

 

Dix fois par jour, au moins, je vais et je viens entre l'oubli et le danger telle l'épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.

 

Parfois, un rien suffit à me faire perdre la raison, et je me prends à rêver des jours d'insouciance retrouvée, où la peine ne serait plus qu'un thème d'écriture morose...

 

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Le nouveau monde

Publié le 19 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

   Le nouveau monde

 

 

Quand des limites physiques aux voyages sont imposées, il reste à trouver d'autres façons de voyager, d'autres contrées à explorer...

 

J'ai la furie au bout des doigts. Une cavalcade de mots fous qui piétinent et ruent dans l'encrier prêts à dévorer l'espace.

 

Mais – et parce qu'il y a toujours un mais au travers de la route – à tout ce temps libre que nous octroie un quotidien inédit, il manque ce qu'il manquera toujours à l'homme, éternel insatisfait de nature : le détail essentiel pour vivre sa plénitude. Ce détail qui filera toujours entre les doigts.

 

C'est ainsi que depuis la nuit des temps, l'herbe paraît toujours plus verte dans le pré du voisin.

 

Le solitaire malgré lui rêvera de vie à deux (a minima), pour partager ses craintes et ses espoirs, ne doutant pas un seul instant de l'échange idyllique, vrai mirage dans le désert pour l'assoiffé qu'il est, là où celui qui vit en meute n'aspirera qu'à se retrouver seul pour agir à sa guise, pour ne plus avoir à montrer les dents afin de protéger son pré carré, son jardin secret.

 

Le dilemme est cruel. On le voit combien c'est difficile d'accorder les violons pour atteindre le moment de grâce. Comment il faut sans cesse se battre contre des moulins inassouvis qui brassent le vent...

 

A chacun donc de s'adapter pour vivre et non pas que survivre.

 

A chacun il appartient désormais d'écumer le fond de ses tiroirs pour exalter des broutilles laissées pour compte dans une période de trop d'abondance, quand le trop-plein était encore de mise et noyait son monde dans le flot incessant des futilités...

 

 

(à suivre... )

 

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Se fondre au cœur des fleurs en attendant...

Publié le 16 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans instantanés

- le sédum et ses fleurs jaunes -

- le soleil en plein cœur du céanothe aux fleurs bleues qui sentent tellement bon -

(ces fleurs malaxées avec un peu d'eau servent de savon très efficace, après une séance de jardinage, par exemple. Merci à la saponine qu'elles contiennent !)

- Le cœur complexe d'une fleur rose du cognassier du Japon -

- Le céanothe pris d'un peu plus loin -

- On ne se lasse pas de la beauté ensoleillée du sédum -

- voyage au plus près d'une jacinthe sauvage bleue -

- Méli-mélo enchanteur profitant des derniers rayons de soleil du jour -

- Tandis que le merle noir au bec jaune partage son goût pour les lichens avec le geai du chêne qui a pris ses quartiers dans mon jardin -

 

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Miam insolite...

Publié le 13 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Miam !

Quand on aime écrire sur tous les petits bouts de papiers qui passent à portée du crayon, toutes les occasions sont bonnes à prendre. Ici, c'est pour la portion de choux-fleurs à la béchamel préparé avec le lait entier des vaches de la ferme bio d'à côté qui était destinée au congélateur en vue d'un futur régal.

Tout un poème...

Léchage de babines garanti. Miam ! ...

Le post-it est là juste pour étoffer la photo et stimuler l'imagination, car le choux-fleurs en béchamel n'est pas suffisamment photogénique pour susciter des hourras enflammés. Mais c'est tellement bon !... :))

- Un matin ensoleillé d'été à la campagne -

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Filer par le chas de l'aiguille

Publié le 12 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

 

   Filer par le chas de l'aiguille

 

Tout un programme !

 

Ce n'est pas une mince affaire que de chercher à filer par le chas de l'aiguille.

 

Pour ce genre d'aventure, quand le fil de soi est trop fragile, trop sensible, je prise le fil en coton. D'un même naturel, mais en plus souple, il confère à l'ouvrage une authenticité de bon aloi. Mieux en tous les cas que le fil en nylon, ce retors qui vous scie les doigts pour peu qu'on lui cherche noise.

 

Le choix du chas a aussi son importance. Trop petit, le fil ne passera pas, ou du moins il donnera du fil à retordre. Trop grand, le fil se dandinera, se torsadera, filera son chemin à fond de train, oubliant les balises à respecter pour tenir la route.

 

A l'époque où j'étais tout feu tout flamme, ne doutant jamais de rien, j'ai essayé de filer par le chas d'une aiguille à laine. Effectivement, le fil coton dans ce gros chas est passé comme une lettre à la poste. C'est après que les choses se sont corsées. Lorsqu'il le fil mal guidé n'en a fait qu'à sa tête, bousillant tout sur son passage, laissant des zigzags fous et des points de suture peu reluisants.

 

Il faut aussi choisir la bonne aiguille. Une aiguille à laine dans un tendre tissu de soi, c'est comme un marteau piqueur qui se prendrait pour une dentellière. Ça fait des trous énormes, par où peut s'écouler une vie entière. Alors qu'il faut apprendre à jouer en retenue, oubliant les larges sentiments, afin que le sang n'afflue trop vite au soleil.

 

Car un sang fougueux qui va se mettre trop vite à nu s'expose à la vindicte intime d'un cœur qui n'a pas été préparé pour cela. S'il n'apprend pas à endiguer ses flots tumultueux, c'est le cœur en entier qui va trinquer et partir en lambeaux, nécessitant l'usage du fameux fil animal. Celui qui raccommode les blessures comme personne. Un catgut d'exception qui cependant n'empêchera pas quelques douloureuses cicatrices.

 

C'est ainsi que se passe la vie dans une boîte de cousette...

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Extrait du livre de l'intranquilité, de Fernando Pessoa

Publié le 11 Mars 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans mes coups de coeur

 

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(*) Le rêve est la pire des drogues, parce que c'est la plus naturelle de toutes. Elle se glisse dans nos habitudes avec plus de facilité qu'aucune autre, on l'essaye sans le vouloir, comme un poison offert. Elle n'est pas douloureuse, elle ne cause ni pâleur ni abattement – mais l'âme qui fait usage du rêve devient incurable, car elle ne peut plus se passer de son poison, qui n'est rien d'autre qu'elle-même.
Tel un spectacle à travers la brume (…)
J'ai appris dans mes songes à couronner d'images le front du quotidien, à dire la banalité avec étrangeté, la simplicité avec de multiples détours ; à dorer d'un soleil artificiel les recoins et les meubles morts, et à rendre musicales, comme pour me bercer, les phrases fluides par où je me décris.

Le livre de l'intranquillité (édition intégrale) - Fernando Pessoa

Extrait du livre de l'intranquilité, de Fernando Pessoa
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