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Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

La tarte aux pommes du 31 décembre

Publié le 31 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Miam !

 

LA RECETTE

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Pour la pâte

dans un saladier mélanger jusqu'à obtenir un sable fin :

- 250 farine tamisée

- 1 pincée de sel

- 125 g de beurre coupé en petits morceaux

 

puis y ajouter :

- 1 œuf battu avec 100 g de sucre

 

Rouler la pâte en boule et la laisser attendre 20 min au frigo

 

Pour la garniture préparée à l'avance :

- un plein saladier de pommes émincées assez gros, légèrement sucrées (l'équivalent de 6 à 7 belles pommes - pour moi, la Chantecler, la meilleure pomme à tarte ou à compote qui soit actuellement)

 

30 min de cuisson à four chaud à 180° C

 

* petite astuce : avant d'enfourner, verser sur les pommes le jus sucré qu'il reste au fond du saladier.

 

 

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Désossée sous la lune

Publié le 29 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Désossée sous la lune

 

Abusée par ta voix de désir

amie nuit menue tu me laisses

boue fondue contours lisses

floue et molle l’argile douce

glisse du reflet de ma glace

en débris d’os calcinés

 

Usée par les regards bibelots

dans un monde et son lit méfait

ma lumière bâillonnée

engluée jusqu’aux dents

dans les mots marécages

s’étouffe et j’aspire à l’immense

 

À trop griffer le silence

pour absoudre les injures

sous un ciel vêtu de fêlures

mes étoiles lointaines cloîtrées

ventre ouvert offert au soleil

je rêve d’incendie sur ma peau

 

 

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Mon narguilé

Publié le 29 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

   à l'écoute : Cyndi Lauper - Time after time    

 

    Mon narguilé

 

 

   De toutes les années, 2016 fut la plus folle, la plus prolixe. La vie pleine me frappait alors de ses couleurs vivaces. Je n'en avais pas tout à fait conscience...

 

   Le trop-plein d'un tout m'arrivait par vagues entières, ressac attendrissant.

 

   Mon merci infini à toutes ces pages écrites, ces lettres alignées, ces phrases zéro limite. Grâce à elles je relis et les souvenirs remontent aussi clairs que vécus ces jours enfuis.

 

   Pour cette même raison j'aime les images capturées dans un réflexe fou : celui de m'emparer du merveilleux qui nimbe l'instant. Comme s'il m'était possible de figer pour l'éternité la sensation vertigineuse, voire délicieusement douloureuse, qui m'étreint le cœur pendant un laps de temps hors du temps.

 

   Je lis, j'écris, je chante et je vole des images au ciel. Mon bonheur est fait de choses simples. Ma douleur, elle, puise au-delà.

 

   Cristallisée au creux des larmes, je cherche en vain dans le miroir sans fond pourquoi autant de peine m'étreint le cœur et pétrit ma chair.

 

   Remontent de temps immémoriaux des échos qui font vibrer ma mémoire et ce sentiment indéfectible de culpabilité. Je suis un maillon au bout d'une si longue chaîne née de l'argile et mon humanité est tant de fois blessée, par moi, par les autres...

 

   Mon histoire est un grain de sable s'émouvant dans l'éternité.

 

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Quand le soleil joue avec mes ciels de décembre

Publié le 24 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans instantanés

 

 

 

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Lina et la Lune

Publié le 14 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

 

 

          Lina et la Lune        

 

 

 

 

  Ce n'est pas un seul souvenir que je garde, c’est une multitude fichée en plein cœur.

 

  A deux ou trois exceptions près, la plupart ne sont que des entames de souvenirs, qui donnent l’envie, qui mettent en faim mais qui ne tiennent pas leurs promesses. Des bribes rebattues à hue et à dia, obsédantes. Des boucles rembobinées maintes fois, des tournicotis à vertiges, des lambeaux de mémoire. Mais voici l’histoire de celui par qui tout a commencé.

 

  Je suis née dans un pays où le soleil tape si fort l’été, qu’il assomme tout, y compris le moindre bruit. L’expression « ne pas entendre une mouche voler » a été inventée sous cette latitude, c’est certain !

 

 Seulement voilà, dès que l’astre despote rejoint son ombre, les bruits réapparaissent comme par enchantement. Pour rattraper les heures perdues, le vacarme devient vite assourdissant. Caquetages et cliquetis haussent le ton et s’en donnent à cœur joie. Les portes, les fenêtres s’ouvrent en grand pour faire circuler l’air frais de la nuit amie. La brise du soir se fait douce, dans chaque maison on en fait réserve, on s’agite, on bouge, on crie, on rit, on chante, on danse aussi. La rue s’anime. L’heure est à la pleine vie.

 

  C’est dans cette ambiance que s’inscrit mon premier vrai souvenir.

 

  Je suis bébé. Pour que je puisse participer à la joie populaire sans trop rompre ma quiétude de nourrisson, on approche mon berceau de la fenêtre. J’entends encore les flonflons de la fête qui m’enchantent l’oreille. Je somnole dans cette plénitude, sourire béat aux lèvres. Le souvenir est agréable, doux comme la caresse d’une plume.

 

  Cette même plume sur laquelle je m’évade régulièrement pour aller faire un tour dans les étoiles.

 

  Et tout ça, à cause de la Lune.

 

  J’ai fait sa connaissance un de ces fameux soir de liesse où je suçais tranquillement mon pouce dans mon berceau. Elle balançait tranquillement sa gouaille, suspendue à un coin de ma fenêtre. J’ai dévisagé sans sourciller sa figure aussi ronde que la pastèque posée sur la table. Un large sourire creuse deux fossettes sur ses joues rebondies et plisse ses yeux, lui donnant l’air malicieux. Son regard pétillant de braise est habillé de longs cils recourbés, à faire crever de jalousie toutes les filles de Navarre et d’Andalousie réunies. D’un clin d’œil complice nous devenons amies croix-de-bois croix-de-fer. Elle raconte les histoires comme personne. C’est elle qui va m’offrir l’instinct qui jamais ne me quittera, elle qui va m’apprendre la vie, en long, en large, m’avertissant des travers dont il faudra plus tard que je me méfie.

 

  J’ai pris pour habitude, les soirs où elle disparaît complètement, de partir à sa recherche dans les limbes du ciel. C’est facile, il suffit de suivre à l’envers le chemin de la cigogne qui m’a apportée sur Terre.

 

  Je vous la fais courte, mais c’est ainsi que j’ai croisé, à les toucher du doigt, des hordes d’étoiles. Des fantasques, qui se jettent en pluie dans le vide, des hallucinées, fiancées éconduites, qui traînent au vent leur chevelure de rêves. J’ai connu des anges aussi. Dont un, mon préféré. Clown dans l’âme, il me fait rire aux éclats à chaque rencontre. Son rôle, dit-il, c’est de montrer le bon chemin aux revenants d'en-bas, pour ne pas qu’ils s’égarent dans les nuages. Il siffle, aussitôt une multitude d’oiseaux multicolores jaillit de nulle part pour jalonner la route sur laquelle, d’un geste secret, il a fait éclore un tapis de mille fleurs aux senteurs divines.

 

  J’ai ainsi été bercée trois années durant, sans m’ennuyer une seule seconde dans mon lit de lune. Puis le charme brutalement s’est rompu. Mes parents, après avoir emballé famille et souvenirs dans des valises mal ficelées, ont embarqués pour l’exil, vers un pays où l’on dort fenêtres fermées.

 

  C’est un soir d’hiver, quand je ne m’y attendais plus, que mon amie la Lune est revenue illuminer ma fenêtre. Il faisait très noir, très froid dehors. Inquiète, je guettais le retour de Papa derrière les carreaux embués par la soupe qui trottait sur le fourneau depuis le milieu de l’après-midi. Lorsque soudain...

 

  Mais celui-là est un autre souvenir. Une prochaine fois, peut-être…

 

***

 

 

 

 

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Il m'en souvient encore...

Publié le 10 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Il m'en souvient encore...

(poème en cours de ravalement de langue :))

 

Pour autant qu'il m'en souvienne

l'onde des choses lointaines est un ressac incessant

qui tient haut la dragée à mon chagrin

 

 

Il me reste pour la peine et à tout jamais

la conscience vive

- si vive !

d'un monde à la hauteur de mes trois pommes

où mon soleil d'enfant sous les adieux soufflé

ficelle à la hâte une valise étrange

 

Ses promesses sur un quai de gare abandonnées

une main devant une main derrière

mon petit bonheur tranquille un jour s'en est allé

 

 

À n'importe quelle heure

de n'importe quel jour

n'importe quelle nuit...

 

Braises ardentes ravivées par les dimanches de fête

aux accents du bandonéon qui pleure sous la treille d'été

me manquent à la pelle mes malconnus tant aimés

leurs souvenirs fourchus sans crier gare m'agrippent

me serrent au col la poitrine bardée de sanglots

 

Dans mon coude repliée

la pulpe de mes doigts-mouchoirs aux larmes mouillée

 

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Trémolos en variations

Publié le 8 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Trémolos en variations

 

Même sans passer par mon sang, le virus aura ma peau

il lui suffira pour que je baisse les bras

de viser ma tête en passant par mon cœur

 

Ayant échoué à la mise en valeur de la vie virtuose

s'imposent les trémolos en variations

 

Quand les mots amis restent sans écho

''points d'interrogation béant sur le néant''

quand les nouvelles du monde ne sont pas franchement gaies

quand l'à venir se pare des rafales du vent d'Ouest soufflant mes volets

quand je perds pied et la force d'espérer

 

La musique d'un piano en sourdine

desserre le souffle et me ré-apprivoise

pour un instant volé à l'éternité

 

Alicia de Larrocha plays Handel - Suite No.5, HMV 430

 

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Dans quel état j'erre...

Publié le 7 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Mes listes à la gomme de charabia

 

    Dans quel état j'erre...

 

  • L'écriture comme un fleuve en enfer brûlant ma peine

  • Mes affres immortelles sur la gorge serrée

  • Dans la marge, la querelle dérangée des doigts sur le bide croisés

  • Les jours de grand écart, réfractée tête à l'envers

  • Polissant sans façon le tain polisson d'un miroir peint à l'unilatérale

     

  • Me surprendre à houspiller et piller encore l'aumônière lamentablement vide

  • Bouche bée devant les ébats-tarentelle d'une tarentule sur son fil tendu

  • Apprivoiser du soir au matin le petit oiseau bleu dans ma tête perché

  • et le chat sans arrêt qui ronronne dans une ronde d'amour

     

  • Je trinque à l'infinie misère des ''je veux'' mais ''j'arrive pas''

  • à m'enticher encore une fois de futilités indispensables

  • et de bis repetita qui parfois ne plaisent plus au deuxième passage du plat

  • Pour accrocher en bandoulière le cil porte-bonheur égaré sur ma joue

  • Retenant les frémissements pâles entre mes lèvres closes

  • Égarée dans l'absence qui fatalement viendra

  • Après une ondée sauvage chevauchée à cru

  • La valse au milieu figée dans son malléable tourbillon

  • Les poches pleines de rêves, l'ovale en sages cascades

  • Le vert irisé tremblotant dans mon œil amoureux

  • Aux signaux en fumées de guerre perdue d'avance

  • Avec une majuscule et trois pointillés qui s'égarent

  • Raz-de-marée bizarre comme une razzia

  • Sur le cœur ourlé de peur et de points de sutures

  • Et puis des mots pour rire qui n'en reviennent pas

  • Des rires édentés déchirés ébréchés

  • Le silence en apnée désopilant le tintamarre

  • Près d'une morne mare où l'on peut se brûler les yeux baissés

  • L'essence noyée comme seule pitance d'un feu incandescent

  • Dans les impromptus des nuits blanches à la pelle

  • Bruissements de sons sur ma langue un bout de salade agaçant coincé entre les dents

 

(à suivre... ou pas )

 

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Acte manqué

Publié le 3 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Acte manqué

 

Gourgandine à la peau douce j'écris

des graffitis sur les murs de ma vie

des graffitis issue de ma nuit

 

Agenouillée tête dans le vide épanchée

je crie pour respirer et sentir le sang couler

j'écris comme preuve d'exister

 

J'écris seule et nue

je crie pour friper le silence

velours et brocards si lourds à porter

 

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Nœud d'écoute

Publié le 1 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Nœud d'écoute

 

le marasme insolent des jours de tempête dans un verre d'eau...

 

Le cœur hissé au grand mât des futilités

souvent pour s'adonner à la marche du vent

affrète au voyage ma maison coque nue

à couple d'un quai ou d'un autre navire

 

En rade des mots rares sur la langue mouillés

la peur et ses yeux pers comme aile de dérive

accoudé au bastingage barbouillé de frissons

jouit le mystère impénétrable de choses infimes

 

Serrée de nausées je rêve d'amarinage

et d'arrimer mon encre bleue au premier artimon

astragale de lumière à la bouche du canon

 

 

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