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Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

l'histoire de rature rainbow

Il est une évidence

Publié le 19 Juillet 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

    Il est une évidence

 

Je me croyais enfin débarrassée de mes craintes à propos de l'épée de Damoclès suspendue en permanence au-dessus de toutes les vies. Voilà qu'elles reviennent au galop et je dois lutter d'arrache-pied pour éviter les phobies qui me guettent.

 

Je n'ai plus envie de vivre dans ce monde qui se délite, brûle et va au chaos.

 

Depuis je ne sais plus quand, quelques longs mois à peine qui ont suffi à enfler la démesure du temps, du matin au soir et du soir au matin, la menace gronde. De plus en plus souvent elle s'est même mise à houspiller la nuit.

 

Vêtus de leurs plus horribles oripeaux, les fantômes déambulent dans mes songes, la peur et le bruit de leurs chaînes démangent ma peau.

 

Je rêve de creuser mon nid dans le coin le plus reculé de la Terre, pour ne plus entendre, ne plus lire, ces dangers imminents qui vont exterminer la race humaine dans des souffrances extrêmes.

 

Mauvais augures de tous poils, rengainez vos menaces, votre but n'est pas encore atteint ! En campagne derrière mes carreaux, je rêve et je respire encore et vais me battre jusqu'à la lie...

 

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L'exercice continue...

Publié le 13 Mai 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

    L'exercice continue...

 

     C'est fou, moi qui ne me suis jamais obligée à rien, de me voir aujourd'hui endosser le rôle de la bonne élève appliquée qui va, ici même, continuer l'exercice d'entretien de l'écriture...

 

     Comme je n'ai aucune idée du thème que je vais aborder, je vais laisser divaguer mes doigts sur un clavier seulement inspiré par tout ce qui peut défiler dans ma tête. Du genre, écriture méditative.

 

     Pour dire la vérité vraie, si je ne m'astreins pas à ce petit jeu, autant clore tout de suite et définitivement mes mots songeurs. Même si de penser à mettre fin à cette collaboration, qui dure quand même depuis bientôt onze ans, me fend le cœur, je ne peux plus me contenter de cette naïveté qui dégouline entre mes lignes.

 

     J'ai souvent lu ou entendu dire, que lorsqu'on gagne un cran de savoir c'est toujours au détriment d'un bout de son âme d'enfant.

 

     Aujourd'hui, je suis arrivée à un stade où je ne peux plus faire semblant de croire les gens meilleurs qu'ils ne sont. Avant, je n'étais dupe de rien, mais je préférais penser que la bonté dirigeait le monde. Cela me protégeait sans doute. Alors qu'il n'y a, en haut de l'affiche, que cupidité, égoïsme, intérêt, mesquinerie, petitesse, hypocrisie et j'en passe des plus terribles encore...

 

     Si je voulais faire machine arrière, fermer les yeux et retrouver le monde tel que je l'imaginais, cela ne serait plus possible. J'ai atteint un point de non retour avec une rapidité fulgurante autant que cuisante.

 

     Est-ce cette nuit où j'ai cru mourir qui a agi sur moi comme un électrochoc ? Je ne saurais le dire. Mais c'est certain qu'il y a un avant et un après mon séjour à l'hôpital. Comme si après avoir frôlé le cru des choses, je devais m'endurcir pour survivre, et affronter réellement le monde dans ses oripeaux originels afin de développer ma capacité à dépasser le traumatisme.

 

     Tout ceci est mon dilemme du moment. Ah, quelle histoire ! 😀

 

     Quel sera le dénouement ?

 

     À suivre, certainement dans un prochain exercice d'écriture.

     Heureusement, il me reste toujours le plaisir de me balader parmi les fleurs et la faune de mon jardin, l'appareil photo à portée de main.

 

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Un brin de pourquoi écrire

Publié le 12 Mai 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

    Un brin de pourquoi écrire 

 

En partant du constat qu'il n'y a rien de mieux pour entretenir l'écriture que d'écrire quelques lignes chaque jour offert par la vie, il faut prendre ce qui suit pour un simple exercice. Même si, dans le cas présent, il s'agit davantage de retrouver le chemin vers ces mots que j'aime, et me tarabustent pourtant. Même si je prends la liberté de quelques raccourcis pour y arriver...

 

 

 

J'aimerais écrire comme on se noie. Écrire pour oublier mon corps, ma présence physique et tout ce qui s'agite autour de moi, mes pensées, les ressentis froissant ma peau, et les prédicateurs de tous poils annonçant l'apocalypse suprême prête à s'abattre sur la planète avec son cortège de désastres. Tout simplement oublier qui je suis, et le monde tel qu'il est, effrayant quel que soit l'angle où l'oreille se tend, où le regard se pose.

 

Souvent, au moment où je crois y parvenir, lorsque je commence à me déliter dans l'espace tel Aladin s'évaporant de sa lampe magique, quand je sens le but proche et que je suis à deux doigts de la béatitude, d'un coup sec, une bride sur mon cou me ramène les pieds sur Terre et assèche magistralement mon encrier.

 

S'il s'agit seulement d'alourdir mon quotidien du poids d'une exigence supplémentaire, à quoi bon se forcer à vouloir écrire contre vents et marées ?

 

Ce que je veux, c'est m'étourdir sans souffrir, m'envoler le plus haut possible sans aucune contrainte, et peut-être même, ne pas revenir d'un tel voyage.

 

Il est bel et bien révolu le temps des mots qui m'ont fait grimper au rideau exultant de douleurs.

 

Pourtant, malgré mon désir intense de jouer avec eux et l'envie de folâtrer sur un clavier qui souvent me démange, je suis incapable d'inventer une histoire et de créer des personnages pour me glisser dans mille vies. Vivre par procuration ne m'intéresse pas. Non. Ce que je souhaite incontestablement, c'est de trifouiller dans ma propre vie, d'aller fouiner dans les recoins de mon histoire pour trouver tout ce qui m'échappe. Gratter le vernis par ici, ôter un trop plein de mystère par là. Pourquoi pas, tomber nez à nez avec un secret, comme un trésor trop bien gardé qui attendrait l'instant idéal pour se découvrir...

 

(à suivre... ou pas !)

 

 

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Le vide après la tempête

Publié le 19 Avril 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

    Le vide après la tempête

 

Un jour, je raconterais peut-être la première fois, et la dernière je l'espère, où j'ai été terrassée par le sinistre virus à la mode qui sévit depuis plus d'un an sur la planète Terre. Le jour où je sortirais de l'état de sidération dans lequel il m'a laissé.

 

Pourtant, l'instinct de survie est tel que je commence tout doucement à remonter la pente. Pour preuve, cet écrit. Car j'avais perdu goût à toutes ces choses qui meublaient agréablement mon temps avant, les trouvant tout à coup insipides, de vrais enfantillages.

 

Ainsi, photographier mon jardin adoré, écrire, lire, cuisiner, manger, suivre mes correspondances épistolaires, je ne trouvais plus d'intérêt à rien. Bon, il faut dire aussi qu'il m'a fallu presque un mois de convalescence après la sortie de l'hosto pour vaincre l'immense fatigue qui m'a accablée.

 

Avec l'énergie retrouvée, l'intérêt revient tout doucement. Tout est donc à reconstruire. Je me dis que ce sera peut-être l'occasion d'un nouveau départ. L'occasion de changer de cap ou de style, et de faire un grand tri de printemps dans mes envies, ma façon d'aborder la vie, même si aujourd'hui tout cela me semble encore tellement dérisoire...

 

 

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La gypsophile et l'échinacée, ou le langage des fleurs

Publié le 14 Février 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

Je veux chanter comme les oiseaux chantent, sans me soucier de qui entend ou de ce qu'ils en pensent 

Djalâl ad-Dîn Rûmî

Dédié à V. en remerciements pour tes encouragements et tes gentils mots (en attendant de retrouver le chemin de ma messagerie ;)

 

 La gypsophile et l'échinacée, ou le langage des fleurs

 

Ai-je déjà expliqué comment naissent les trois-quarts de mes textes ?

 

Eh bien, je me lève le matin avec trois mots qui se sont mis à tourner dans ma tête à peine les yeux entrouverts, quand je devine la lumière du jour derrière les volets clos.

 

C'est dans un état second que je sors de mon lit, poussée par une urgence qui ne supporterait pas une trop longue attente.

 

À l'intérieur, c'est une incroyable dégoulinade de douceur qui s'écoule dans mes veines, nuancée d'une légère euphorie qui ose à peine pointer son nez et encore moins se livrer aux entrechats d'allégresse susurrés par une joie folle, presque enfantine, qui danse la nouba en fond d'émoi.

 

Heureusement, une petite fée nommée raison-garder veille dans l'ombre.

Hop, rien ne vaut une gentille tape sur le bout des doigts de tout ce petit monde, pour modérer l'élan d'enthousiasme qui s'était mis à flamber, et pour que baisse aussitôt un aveugle et vif emballement qui risquerait de gâcher la fête.

 

Arrive alors un calme qui n'a rien de mon calme habituel. Je ne m'en aperçois que passé un certain délai. Ce calme m'est familier et en même temps il est quasiment surnaturel, avec la très nette sensation qu'une autre moi, un peu foldingue et qui ne doute de rien, s'est glissée hors de ma peau pour prendre la direction de la manœuvre.

 

J'assiste au spectacle avec de la gratitude plein les yeux et plein l'âme, envoûtée sur ma chaise qu'il ne me viendrait pas à l'idée de quitter.

 

Là, pendant que j'ai l'impression si tenace de tenir le vrai bonheur dans mes bras, se joue la plus belle des scènes à laquelle je n'ai jamais de toute ma vie assisté. Les mots vont, viennent, glissent, chantent, se percutent, s'emmêlent et achèvent leur union sacrée dans un entrelacs de phrases qui finiront par trouver leur place allouée par le destin, dans un enchantement qui me procure une rare jouissance.

 

Heureusement, le temps de réunifier mes deux moi se fait en pente douce. En même temps que je réintègre la réalité je me réapproprie le salutaire bon-sens qui me caractérise. Le constat est simple : le raz-de-marée émotionnel qui m'a submergé m'apportant sa dose de plaisir immense n'est rien d'autre qu'un cadeau de mon ange gardien qui tient, de temps en temps, à me procurer la joie de planer sans avoir besoin d'aucune substance illicite.

 

Si je persiste et signe encore et toujours à reprendre la plume et à me noyer dans l'encrier, c'est que je suis à la recherche de ce plaisir intense à peine pris et aussitôt perdu...

 

 

NB : dans mon bouquet fleuri, la gypsophile est synonyme de bonheur, l'échinacée, quant à elle, accroit tous les charmes et les sortilèges, la fleur de pissenlit comme symbole de la lutte victorieuse au travers des défis de la vie (d'autres l'utilisent comme rappel de la puissance du soleil), et le bleu céanothe pour la sérénité... ^^

 

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Mon narguilé

Publié le 29 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

   à l'écoute : Cyndi Lauper - Time after time    

 

    Mon narguilé

 

 

   De toutes les années, 2016 fut la plus folle, la plus prolixe. La vie pleine me frappait alors de ses couleurs vivaces. Je n'en avais pas tout à fait conscience...

 

   Le trop-plein d'un tout m'arrivait par vagues entières, ressac attendrissant.

 

   Mon merci infini à toutes ces pages écrites, ces lettres alignées, ces phrases zéro limite. Grâce à elles je relis et les souvenirs remontent aussi clairs que vécus ces jours enfuis.

 

   Pour cette même raison j'aime les images capturées dans un réflexe fou : celui de m'emparer du merveilleux qui nimbe l'instant. Comme s'il m'était possible de figer pour l'éternité la sensation vertigineuse, voire délicieusement douloureuse, qui m'étreint le cœur pendant un laps de temps hors du temps.

 

   Je lis, j'écris, je chante et je vole des images au ciel. Mon bonheur est fait de choses simples. Ma douleur, elle, puise au-delà.

 

   Cristallisée au creux des larmes, je cherche en vain dans le miroir sans fond pourquoi autant de peine m'étreint le cœur et pétrit ma chair.

 

   Remontent de temps immémoriaux des échos qui font vibrer ma mémoire et ce sentiment indéfectible de culpabilité. Je suis un maillon au bout d'une si longue chaîne née de l'argile et mon humanité est tant de fois blessée, par moi, par les autres...

 

   Mon histoire est un grain de sable s'émouvant dans l'éternité.

 

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Lina et la Lune

Publié le 14 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

 

 

          Lina et la Lune        

 

 

 

 

  Ce n'est pas un seul souvenir que je garde, c’est une multitude fichée en plein cœur.

 

  A deux ou trois exceptions près, la plupart ne sont que des entames de souvenirs, qui donnent l’envie, qui mettent en faim mais qui ne tiennent pas leurs promesses. Des bribes rebattues à hue et à dia, obsédantes. Des boucles rembobinées maintes fois, des tournicotis à vertiges, des lambeaux de mémoire. Mais voici l’histoire de celui par qui tout a commencé.

 

  Je suis née dans un pays où le soleil tape si fort l’été, qu’il assomme tout, y compris le moindre bruit. L’expression « ne pas entendre une mouche voler » a été inventée sous cette latitude, c’est certain !

 

 Seulement voilà, dès que l’astre despote rejoint son ombre, les bruits réapparaissent comme par enchantement. Pour rattraper les heures perdues, le vacarme devient vite assourdissant. Caquetages et cliquetis haussent le ton et s’en donnent à cœur joie. Les portes, les fenêtres s’ouvrent en grand pour faire circuler l’air frais de la nuit amie. La brise du soir se fait douce, dans chaque maison on en fait réserve, on s’agite, on bouge, on crie, on rit, on chante, on danse aussi. La rue s’anime. L’heure est à la pleine vie.

 

  C’est dans cette ambiance que s’inscrit mon premier vrai souvenir.

 

  Je suis bébé. Pour que je puisse participer à la joie populaire sans trop rompre ma quiétude de nourrisson, on approche mon berceau de la fenêtre. J’entends encore les flonflons de la fête qui m’enchantent l’oreille. Je somnole dans cette plénitude, sourire béat aux lèvres. Le souvenir est agréable, doux comme la caresse d’une plume.

 

  Cette même plume sur laquelle je m’évade régulièrement pour aller faire un tour dans les étoiles.

 

  Et tout ça, à cause de la Lune.

 

  J’ai fait sa connaissance un de ces fameux soir de liesse où je suçais tranquillement mon pouce dans mon berceau. Elle balançait tranquillement sa gouaille, suspendue à un coin de ma fenêtre. J’ai dévisagé sans sourciller sa figure aussi ronde que la pastèque posée sur la table. Un large sourire creuse deux fossettes sur ses joues rebondies et plisse ses yeux, lui donnant l’air malicieux. Son regard pétillant de braise est habillé de longs cils recourbés, à faire crever de jalousie toutes les filles de Navarre et d’Andalousie réunies. D’un clin d’œil complice nous devenons amies croix-de-bois croix-de-fer. Elle raconte les histoires comme personne. C’est elle qui va m’offrir l’instinct qui jamais ne me quittera, elle qui va m’apprendre la vie, en long, en large, m’avertissant des travers dont il faudra plus tard que je me méfie.

 

  J’ai pris pour habitude, les soirs où elle disparaît complètement, de partir à sa recherche dans les limbes du ciel. C’est facile, il suffit de suivre à l’envers le chemin de la cigogne qui m’a apportée sur Terre.

 

  Je vous la fais courte, mais c’est ainsi que j’ai croisé, à les toucher du doigt, des hordes d’étoiles. Des fantasques, qui se jettent en pluie dans le vide, des hallucinées, fiancées éconduites, qui traînent au vent leur chevelure de rêves. J’ai connu des anges aussi. Dont un, mon préféré. Clown dans l’âme, il me fait rire aux éclats à chaque rencontre. Son rôle, dit-il, c’est de montrer le bon chemin aux revenants d'en-bas, pour ne pas qu’ils s’égarent dans les nuages. Il siffle, aussitôt une multitude d’oiseaux multicolores jaillit de nulle part pour jalonner la route sur laquelle, d’un geste secret, il a fait éclore un tapis de mille fleurs aux senteurs divines.

 

  J’ai ainsi été bercée trois années durant, sans m’ennuyer une seule seconde dans mon lit de lune. Puis le charme brutalement s’est rompu. Mes parents, après avoir emballé famille et souvenirs dans des valises mal ficelées, ont embarqués pour l’exil, vers un pays où l’on dort fenêtres fermées.

 

  C’est un soir d’hiver, quand je ne m’y attendais plus, que mon amie la Lune est revenue illuminer ma fenêtre. Il faisait très noir, très froid dehors. Inquiète, je guettais le retour de Papa derrière les carreaux embués par la soupe qui trottait sur le fourneau depuis le milieu de l’après-midi. Lorsque soudain...

 

  Mais celui-là est un autre souvenir. Une prochaine fois, peut-être…

 

***

 

 

 

 

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L'infini + ou - ∞

Publié le 25 Octobre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

    L'infini + ou -

 

Pense t-on à quelqu'un dans son entièreté ?

 

Bien sûr que non ! On pense à l'autre dans la partie où l'on se projette. Celle où l'on retrouve un brin de soi mais sous une nouvelle lumière, sans rien savoir, ou si peu, du monde dans lequel il évolue, mais prêt à tout entendre, tout comprendre.

 

Durant toute une période de ma vie, c'est ainsi que je me suis enlisée jusqu'à plus soif dans certaines places.

 

Ce fut douloureux. Très. L'autre comme terrain de découvertes pour mieux apprendre à se connaître soi-même, pour mieux s'appréhender...

 

Tout est arrivé telle une bouée de sauvetage, alors que je pédalais dans la semoule cherchant d'éventuels repères afin de ne pas me laisser emporter par le marasme qui avait envahi mon temps et mon espace. Tout, comme une évidence.

 

La leçon a été rude, mais j'ai ainsi retenu qu'il faut se contenter de vivre dans sa périphérie sans interférer plus que ça dans le cours de l'existence... J'ai appris à me détacher, à abandonner chaque fois un peu plus de mon âme. J'en suis revenue le cœur raccourci, le regard moins ébloui et la sensibilité ravaudée en mille endroits.

 

Loin de ces vies qui, tout comme la mienne, m'échappent et filent tel le sable entre les doigts, j'ai appris à écouter les sentiments battre et à n'en retenir que quelques pulsations avec juste assez d'oxygène pour éloigner suffisamment le délétère.

 

Se souvient-on de chaque grain de sable dans son infimité  ?

 

Bien sûr que non ! Le grain fait partie d'un tout. C'est cet ensemble que l'on retient pour se faire une opinion que l'on croit définitive. Pourtant chaque nouveau roulement déstabilise, entraîne le doute, et à sa suite, les questionnements, l'insatisfaction...

 

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Floutage de gueule

Publié le 23 Septembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

   Floutage de gueule

 

 

De ma vie, j'ai perdu la mémoire. À peine si je me souviens d'une immense tristesse qui engloutit le décor, comme une gangue de tuf couleur de sang.

 

 

 

Depuis peu, je passe le plus clair de mon temps à ressasser les bribes blessées par les ronces du chemin, pour continuer de croire que la vie a du sens. Je peux ainsi, de temps à autre, rallumer les lumières aux quatre coins de la fenêtre pour entretenir le feu et la flamme, et de la même façon me noyer un jour ou deux dans le chant des sirènes. Mais devant la lourde charge, inexorablement érodée par l'usure du voile sur les yeux, ma volonté s'effondre souvent.

 

Je ne sais à quel moment de mon histoire j'ai compris le stérile des illusions.

Je ne sais pas quand je finirai par accepter tout ce merdier sans rechigner, quand je cesserai de ruer dans les brancards...

 

Peut-être qu'une bonne et saine colère suffirait une fois pour toute à plier ce brin de révolte qui résiste... Plus vite on accepte et plus vite l'affaire sera réglée, n'est-ce pas ?

 

Cela semble si facile, que je me demande parfois si je ne fais pas exprès de retenir tous ces lambeaux, histoire d'habiller la misère pour donner un semblant d'épaisseur intéressante à la vie.

 

S'en foutre, et oublier...

 

(à suivre... )

 

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Tourne autour du fil

Publié le 14 Septembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

      Tourne autour du fil

 

A qui je mens quand ma pensée erre ?...

 

 

Mes listes, ces fameuses listes qui s'imposent à moi à intervalles plus ou moins réguliers dans le temps, tiennent du fourre-tout un rien foutraque. Elles sont des échappatoires par lesquelles j'aime me laisser-aller lorsque l'envie irrépressible d'écrire me fait bouillir la tête, et que je n'ai aucun d'état d'âme à mettre sous la dent de ma plume exacerbée.

 

J'ai l'heureux privilège - que personne ne viendra contester puisque je suis seule maître à bord de mes envies - d'associer dans un même élan les mots qui fusent comme ils viennent, et les sons dont je me délecte, sans rien gouverner cependant.

 

Délectation. Oui. C'est tout à fait cela quand glisse ma plume suivant l'inspiration spontanée qui, semblant surgir de nulle part, s'empare de mon encre pour accoster on ne sait où...

 

Tout le monde n'écrit pas pour les mêmes raisons. Moi, mon kif, ce n'est pas d'inventer des histoires pour bâtir un nouveau monde à ma convenance. Ma vie me convient telle qu'elle est. Les mots ne me servent qu'à lui tourner autour, cherchant à débusquer son mystère. Ce mystère impérieux, impénétrable, impalpable, qui se rétracte aussitôt que je crois tenir le bon bout de son fil sur le dévidoir, et qui tour à tour et sans cesse me happe, me hante et m'appâte.

 

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