Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

poemes, etc...

Du bruit des gouttes sur la vitre naît la pluie

Publié le 6 Août 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

 

    Du bruit des gouttes sur la vitre naît la pluie

 

Faut-il vraiment chercher à quoi on s'abandonne pour atteindre l'infini ?

 

 

À l'heure où le crépuscule vient endolorir la ligne d'horizon,

dans les ruines intimes de l'ombre, là où gisent les émotions perdues,

lacet dénoué, le fardeau de la nuit peaufine à l'envi mes rêves,

héros éblouissant l'interlude d'un bonheur clandestin.

 

Parfois pourtant, sous les paupières de peine closes, rayonne en point de mire un seul arbre.

D'un feuillage singulier il paraît pris au piège des mots dans un silence intact et froid qui prête de dramatiques contours aux songes charriés par l'insomnie.

 

Plus je rêve, sous la lune et ma lassitude, et moins je sais quels sont mes rêves, ces gouffres absurdes qui éveillent des mystères à leurs confins...

 

 

commentaires

Lili et le secret des étoiles (1/2)

Publié le 5 Mai 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

 

 

Lili et le secret des étoiles

 

D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, Lili n'aime pas la nuit.

 

Autour d'elle, personne ne sait expliquer pourquoi, et elle encore moins que quiconque.

 

Un soir, où elle était moins en colère que d'autres soirs devant cette nuit qui s'obstinait à descendre dès la journée prête à s'enfuir, elle crut entendre son nom dans la conversation de deux étoiles bavardes qui papotaient sous la lune.

 

Lili tendit l'oreille :

 

  • Peut-être que la petite Lili, elle ne connaît pas encore le secret des clés,  disait l'étoile de droite, celle qui brillait comme un diamant.

 

  • Alors il faudrait le lui apprendre ? répondit sa copine en entortillant nonchalamment une mèche de cheveux autour de ses doigts.

     

  • Tu sais bien que nous n'avons pas le droit de le lui révéler...

     

  • Sauf si elle le demande directement à l'une d'entre nous. Dans ce cas précis nous sommes obligées de lui répondre.

 

 

Cette nuit-là, Lili s'endormit en rêvant de clés de toutes les couleurs qui dansaient et chantaient autour d'un énorme point d'interrogation, et de portes qui s'ouvraient et se fermaient en claquant au rythme de la musique...

 

Le lendemain matin, à l'heure du réveil, Lili ne se souvint plus de rien. Elle n'avait en tête que le programme alléchant des réjouissances à venir : papa lui avait promis une balade à vélo en tête-à-tête, et maman lui avait proposé de préparer avec elle un gâteau pour le goûter, Louisa, la meilleure amie de Lili, venait passer l'après-midi à la maison.

 

Ce n'est que lorsque le soir recommença à tomber, en ressentant la boule au ventre familière, que lui revint en mémoire la conversation des étoiles.

 

Elle se dit qu'il fallait qu'elle connaisse le secret des clés à tous prix. Lili croisa très fort les doigts en espérant que les deux étoiles bavardes seraient encore là ce soir.

 

Mais ce soir-là, les nuages avaient envahi le ciel et personne ne mit le bout du nez dehors.

 

Ce n'est que dans la nuit du surlendemain que la petite fille impatiente cru reconnaître les voix tant espérées.

 

Malgré sa grande timidité, son envie de découvrir le secret était plus fort que tout. Lili osa interpeller les étoiles.

 

  • Psst, les étoiles, vous m'entendez ?

 

Un long moment de silence s'ensuivit. Elle reformula sa question :

 

  • Coucou, les étoiles, j'ai quelque chose à vous demander...

  •  

  • Tu as entendu ? demanda l'étoile qui brillait comme un diamant à sa copine

     

  • Bah, oui... on dirait la voix de la petite Lili...

     

  • Lili, c'est toi ?

     

  • Oui, c'est moi. Je viens vous demander le secret des clés...

     

  • Comment ça le secret des clés ?

     

  • Je vous ai entendues l'autre soir, vous parliez d'un secret

     

  • Es-tu certaine de vouloir le connaître ?

     

  • Oh, oui ! J'en ai plus qu'assez de ne pas aimer la nuit et j'aimerai tellement que ça s'arrange...

     

  • Bon, alors installe-toi confortablement, nous allons te raconter le secret des clés magiques de la nuit...

 

 

Fin de la première partie

 

***

 

commentaires

Un pas de deux

Publié le 11 Janvier 2019 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

 

(Souleilla, le 10 juin 2014)

partie musique - je chante " Il mundo "

 

L’une sans l’autre n’est que la moitié de moi-même

 

Un pas de deux

 

Je suis née une entre des loups

femme repaire sur mon coin de terre

dans un pays où le vent brûle

le sang à l’envers sur la peau

 

Lacérée au vif des heures

je fuis devant le bonheur

l’angoisse comme un lierre

agrippée à mon cou

 

L’effrontée joue sur mon balcon

le matin sur la soie de l’azur

le soir dans la suie des lumières

 

Je passe mes jours à l’attendre

le reste du temps je vais affamée

caresser le reflet de son ombre

 

 

J’aime le fichu rouge dans ses cheveux défaits

qu’elle porte comme une déchirure

le rose sans pudeur à son front

 

 J’aime son regard où le ciel a pleuré

la ronde de ses bras qui embaume

le miel de ses rires étouffés

 

 

Quand elle souffre parfois

je l’effleure farouche

et l’ardeur jointe de nos chagrins

dans le miroir éteint délivre mon autre

 

 

*

 

 

 

 

commentaires

Vénus

Publié le 19 Décembre 2018 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

 

Vénus

Là-haut si haut

le ciel et ses faubourgs

ta bouche tes mots

ta peau contre ma peau

 

commentaires

Egarée

Publié le 14 Décembre 2018 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

Egarée

 

J'avance la voix nue et le silence me déchire

l'eau troublée de mes rires

sans fin dans les échos


 

J'avance en tremblant vers le vide

accrochée pis que pendre aux mots

pauvres et piètres mots


 

Debout figée dans l'ombre délice

à pas menus je vais et je glisse

dans la crainte éperdue du soir au matin

 

 

commentaires

Mina à la plage

Publié le 10 Décembre 2018 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

Mina à la plage

 

   Entre deux grains de sable Mina s’éveilla, bailla, s’étira puis se souvint.

 

   Elle était née trois jours et quelques soupirs plus tôt, au cœur du parfum d’une rose, suave et léger comme un sourire de printemps.

 

   La veille, comme le voulait la coutume ancestrale, à l’heure où le soleil devint rouge à l’horizon, souffla le zéphyr joufflu qui l’enroula dans ses volutes et la déposa dans les dunes alentours pour qu’elle y trace son chemin.

 

  Il était doux et prévenant et mit beaucoup d’ardeur à l’ouvrage. Cependant, son cœur grignoté par l’habitude étouffa bien vite le chagrin de la petite. Lorsqu’il retourna vaquer à ses occupations, il n’entendit pas ses supplications et ne vit pas non plus les larmes qu’elle versa sur la plage creusée par l’antique ressac.

 

   Seule au monde à présent, lui restait à affronter les jours amnésiques, les nuits cannibales, les saisons sans trêve et le temps qui passe. Elle n’eut d’autres moyens pour s’en sortir que l’oubli.

 

   Bien vite, elle relégua les tendres souvenirs au dernier rang de ses préoccupations.

 

   Ce matin-là donc, lorsqu’elle se réveilla sur la grève inconnue, elle fit appel à toute la somme de courage qu’elle trouva enfouie au fond de sa raison. C’est ainsi qu’elle se mit à cultiver le rire et la soumission.

 

   Les années passèrent dans cette espèce de brume cotonneuse qu’elle filait sagement. Demain n’avait pas d’importance et hier encore moins, elle n’y pensait pas, enfin… elle voulait à tout prix s’en convaincre.

 

   Il lui arriva quand même - au moins trois ou quatre fois dans ce court laps de temps - de trébucher sur des bouts de conscience écorchée. Avec l’application du bon élève qui a toujours peur de décevoir, elle se dépêchait alors d’étouffer les feux intempestifs qui s’allumaient dans sa lucidité et qui ravivaient sans ménagement la souffrance.

 

  Puis arriva le jour où se présenta la plus vaste des embarcations qui puisse exister sur Terre ; un navire aux trois mâts impressionnants, décorés d’une multitude d’oriflammes bariolées.

 

   Comme à un jeune loup fougueux, son intuition lui apprit ce que nul ne lui avait jamais dit. Elle reconnu l’appel du grand large.

 

   Exit l’enfance aux yeux de braise !

 

   Mina embarqua l’âme soufflée, avec cette confiance absolue qui marche de conserve avec une naïveté hors pair. A son intime conviction elle intima l’ordre de se taire car la beauté ne supporte pas d’entendre marmonner la pure vérité.

 

   Elle navigua longtemps bercée sur des flots dociles. Tout allait pour le mieux sur le moelleux nuage. Seulement voilà, les anicroches ne cessant d’écorcher son monde parfait, arriva le jour du grand ravaudage et une nouvelle galère pointa bien vite à l’horizon.

 

   Nul n’en était la cause. Seuls les ingrédients mêlés d’une vie d’aventures peuvent causer autant de désagréments à l’âme trop pensive.

 

   La fin de cette histoire, on ne la connaît pas. Enfin, pas encore. Elle a été emportée par l’écume des vagues un jour de forte houle.

 

   Une vieille légende dit qu’on peut la respirer certains matins d’été, dans la douceur des embruns qui désaltèrent de leur sel les landes et noient la mer. Une autre raconte à qui veut l’entendre, qu’il faut tendre l’oreille aux murmures du vent les soirs où il pleure la lune. Une autre encore, qu’elle serait enterrée sous les galets du sentier qui remonte de la grève et qu’elle se révèle parfois sous le duvet d'un pas léger...

 

FIN

commentaires

Insolence

Publié le 2 Décembre 2018 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

Insolence

 

Insolence

 

 

Sur un rayon de lune j'ai accroché ma peau

mon âme danse

 

 

D'un ciel et d'un oiseau

d'une fleur j'ai shooté l'essence

d'un mot embrassé au bord de ton encre

 

 

Sur un bout de papier resplendit la lune

sombre et pleine parfois

vivante me pâme

 

 

D'un rouge éclatant vidé de son eau

sa veine insolente

sur ma bouche enlacée

 


 

commentaires

Poète dégraphée

Publié le 8 Octobre 2018 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

Poète dégraphée

POETE DEGRAPHEE

 

Nue dans le tiède de mes draps

entre les plis de ma nuit brodée

yeux mi-clos jusqu’au jour qui se hausse

pensées lisses déjà je sais

 

Il sera tout ouate et gris

ce jour glissant comme on s'enfuit

ses mains zélées d’embruns

ourlent de brume le flou

de mes songes exilés nés de Lune

évanouis ce chaste matin

 

Exacerbée à peine effleurée

prête à mourir sous ses caresses

le monde a le goût de presque rien

la candeur lourde et acide

des secrètes blessures

 

Et ma muse dilettante en mode défi 
tintinnabule et me file jusqu'à gerber le blues
ses heures allongées nonchalantes au cadran 

 

 

 

commentaires

Ecchymoses

Publié le 2 Janvier 2018 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

Ecchymoses

 

 

ECCHYMOSES

Animal de papier j'ai la douleur facile
empêtrée dans les lettres capitales 
des silences et leurs sons sang-mêlé

Les mots debout dans ma tête 
maquillée à double tour
hissent le blanc de la plume
pour rire puis se pendent

Une mélopée de pensées peccadilles
sur trois lignes qui enivrent
offre au papier entiché
le cri des corbeaux malheureux

Dans mon royaume d'arômes pâles
à l'heure où la nuit se déchire 
je m'étoile au bleu de l'encrier

commentaires

L'arbre bras

Publié le 18 Décembre 2017 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

l’arbre vivant tend haut

bras levés au ciel 

à l’étroit dans son halo

 

Ses racines s’abreuvent

à l’os nu des morts

aux lèvres de cendres

 

Sous l’écorce douce

la sève sang acide

et l’âme serrée

 

Quand la forêt tremble

mon hêtre danse

la lune à ses pieds

L'arbre bras
commentaires
1 2 3 > >>