Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

Le vilain canard

Publié le 30 Juin 2016 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 
Le vilain canard

 

Qui veut croire que l’air peut coincer parfois jusqu’à faire mal dans les rouages ?

Elle se veut hirondelle libre, zigzagant véloce entre les courants ascendants, rasant les façades jusqu’à leur dernier étage, frôlant les tuiles roses avant de disparaître derrière les toits.

Libre pour folâtrer, l’horizon penché, insouciante à se pâmer sous les rayons du soleil à son zénith, jouant des piqués en vrille pour sentir fort son cœur palpiter, en oubliant le vent par bec et ongles frappé et les frissons sidérés des aubes soumises…

 

 

Le vilain canard
commentaires

Envolez-moi

Publié le 16 Juin 2016 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

Envolez-moi 

 

De ne pas être je veux 
renaître et ne plus sombrer
seule parmi tant d'ombres
une et encore une fois

Grandir démesurée prendre l’espace m’étirer 
distendre un par un chaque millimètre de ma bulle
gonflée d’aise à peine astreinte 
l'air sans relâche m'aspire en vrac vers le ciel
où expansive et dense je danse parfois un pas de joie
ma fleur de peau rougie lovée sur la paroi

Déchirée aux accrocs d'une nuit étourdissante
l’œil ouvert je vibre sous l'eau profonde
ma petite gueule béant sur les cris indécents
des remous du vague qui sanglote et palpite
tandis que ma langue en chaos étire la déraison
pour bercer les millénaires écroulés sous ma tombe
je sculpte avec minutie la fourbe indifférence
prélude aux mots pipés sans coup férir

 

Envolez-moi
commentaires

Faits divers

Publié le 9 Juin 2016 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Poèmes, etc...

Faits divers

le 4 avril 2014

 

 

Quand le goût du sel vient aux grains de sable…

 

 

Faits divers

 

Dans la rue des Lices, à droite après le deuxième rond-point, au troisième étage du numéro six plus précisément, il y a un chat qui ne miaule pas. Un chat qui ne sait même pas sortir ses griffes.

N'importe qui l'aurait refourgué dare-dare à la consigne des chats abandonnés. Pas lui.

Sans que rien ne fut jamais dit, entre ces deux-là ce fut à la Mort, à la Vie, dès le premier jour, le premier dos rond.

 

Lui, enfin... l'autre, c'est Louis. Grand et dégingandé, sans âge défini que celui affiché par le gris de ses cheveux emmêlés et son dos vouté qui semble porter tout le poids du monde. Et puis un air hébété avec ça, à croire qu'avec ses grands gestes maladroits il cherche désespéremment à comprendre ce qui ne s’explique pas.

Il a baptisé le chat : Le Chat.

C'est plus commode comme ça, qu'il dit.

Enfin... lui, trouve ça commode.

A l'heure des caresses et du bol de lait, c'est : -"Psst... Le Chat, vient par ici ! ", en prime un petit coup de sifflet, et voilà le chat qui se radine avec ses ronrons et son museau gourmand.

 

Louis n'a pas que Le Chat dans sa vie. Il est aussi bénévole, dans une association dont il ne se souvient jamais du nom. Il dit que ce qui est important c'est ce qu'elle fait, cette association, pour qui elle le fait.

Il ne compte pas les journées passées à trier les tonnes de linges qui arrivent par sacs entiers. Il a assez compté avant, du temps où il travaillait à la banque. Trois décennies et quelques brouettes passées derrière le guichet, derrière les grilles. Rien de passionnant, qu'il dit Louis.

De toutes façons, la passion, Louis a fait une croix dessus depuis belle lurette. A vrai dire, c'est depuis la journée qui s'est gravée comme une pierre dans sa mémoire.…

 

…

 

Ce jour-là, le ciel se leva couleur chamaille, entre pluie et brouillard mêlés, l’horizon plombé d’une tristesse incommensurable.

Louis but ses deux tasses de café brûlant la tête dans les nuages, plia sagement ses rêves qu’il posa près de Lili, son ange endormi au ventre tendrement arrondi. Il s’y attarda encore un peu, tous les bonheurs du monde accrochés au coin d’un sourire.

Puis il tira sur sa cigarette avec la précision pétante de l’horloge qui sonne huit heures tous les matins et, donnant deux tours de clef à la grande porte blanche, il s’engagea dehors, résolument.

A l’angle de la rue, il croisa la concierge. L’air bienveillant elle lui demandait chaque jour de ses nouvelles, curieuse de ces petits riens qui font une vie. Il la rassura gentiment, la vie était belle. Trois pâtés de maisons plus loin, pile au même endroit que d’habitude, il salua le vieil homme au pas pressé qui rentrait chez lui, le journal à l’encre fraiche et convenue plié sous le bras.

Le temps ayant fini par trancher, la pluie redoubla d’insistance. Louis, dents serrées, arc-bouté prêt à affronter la tourmente, remonta plus haut le col de son imper et accéléra sa course.   

Quelques mètres encore et il serait à l’abri..

 

…

 

Il ne se souvient plus très bien de la suite. Elle a été absorbée par le magma sombre qui hante les heures de ses nuits. Seuls lui reviennent en échos infinis, l’irruption des hommes en cagoule ; la surprise un instant suspendue en plein vol, puis la panique générale ; le silence irrespirable lorsqu’ils furent tous couchés au sol sous la menace des fusils et le halo bleu des girophares venus en délivrance.

Après, du retour chez lui, rien de subsiste.

Il a construit la fin lambeau après lambeau, l’étayant de bribes répétées par les voisins. 

A ce qu’il parait qu’il serait rentré, aurait trouvé le billet - très certainement posé bien en évidence - avec ces mots écrits dessus : « Adieu, je te quitte…… », puis il aurait ouvert la fenêtre et se serait fracassé trois étages plus bas.

Le chat, c’est en rentrant de l’hosto qu’il l’a trouvé. Il semblait l’attendre, maigre et efflanqué, tel un ange accroupi devant la porte blanche.

commentaires

Christine and the Queens "Paradis perdus"

Publié le 5 Juin 2016 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans mes coups de coeur

Une reprise de Christophe "Paradis perdu" mêlée au "Heartless" de Kanye West

commentaires