L'âme vagabonde, sans cesse émerveillée devant le bonheur de ces petits riens qui font douce la vie, afin d'"encrer" leurs souvenirs, à coup de mots, de photos, de pensées traversantes, j'ai fait de mon blog leur port d'attache.
Sommes-nous nombreux ainsi, à naviguer les yeux au ciel suivant la course des nuages ?
Un jour de mai, avec mon ami sauvage l'écureuil malin, qui a pris ses aises dans mon jardin.
L'hiver finissant, le flambant roux s'estompe de son pelage. Il en reste néanmoins suffisamment pour apprécier la brillance de son panache.
Ce jour-là, il s'est laissé approcher un peu mieux que d'habitude, certainement captivé par tout ce qu'il déterrait dans ses cachettes oubliées... Il est pourtant très remuant, ce qui explique le flou de certains clichés.
“Le délire est sans conteste plus beau que le doute, mais le doute est plus solide.”
Cioran
“Quand on doit prendre une décision capitale, la chose la plus dangereuse est de consulter autrui, vu que, à l'exception de quelques égarés, il n'est personne qui veuille sincèrement notre bien.”
Cioran
“On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs.”
Cioran
“L'art d'aimer ? C'est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d'une anémone.”
- et au milieu, entre les fraises sauvages, les œillets roses, le pavot et la cinéraire maritime, trône l'ancestrale verveine en train de renaître -
- Promesse de fraise sauvage -
- Derrière les feuilles, les plumes... celles d'une mésange virevoltante pressée de cueillir le déjeuner pour ses nouveaux-nés qui l'attendent au nid -
La seule façon de faire qu'il y ait des choses nouvelles, et de sentir des choses nouvelles, c'est de faire du nouveau dans ta façon de les sentir.
Le livre de l'intranquillité (F. Pessoa)
La plupart des gens souffrent de cette infirmité de ne pas savoir dire ce qu'ils voient ou ce qu'ils pensent. [...] La littérature tout entière est un effort pour rendre la vie bien réelle. Comme nous le savons tous, même quand nous agissons sans le savoir, la vie est absolument irréelle dans sa réalité directe : les champs, les villes, les idées, sont des choses totalement fictives, nées de notre sensation complexe de nous-mêmes. Toutes nos impressions sont incommunicables, sauf si nous en faisons de la littérature.
Le livre de l'intranquillité
La liberté, c'est la possibilité de s'isoler. Tu es libre si tu peux t'éloigner des hommes sans que t'obliges à les rechercher le besoin d'argent, ou l'instinct grégaire, l'amour, la gloire ou la curiosité, toutes choses qui ne peuvent trouver d'aliment dans la solitude ou le silence. S'il t'est impossible de vivre seul, c'est que tu es né esclave. Tu peux bien posséder toutes les grandeurs de l'âme ou de l'esprit : tu es un esclave noble, ou un valet intelligent, mais tu n'es pas libre.
Le livre de l'intranquillité
Nous sommes qui nous ne sommes pas, la vie est brève et triste. Le bruit des vagues, la nuit, est celui de la nuit même; et combien l'ont entendu retentir au fond de leur âme, tel l'espoir qui se brise perpétuellement dans l'obscurité, avec un bruit sourd d'écume résonnant dans les profondeurs!
Combien de larmes pleurées par ceux qui obtenaient, combien de larmes perdues par ceux qui réussissaient ! Et tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, est devenu pour moi le secret de la nuit et la confidence de l'abîme.
Que nous sommes nombreux à vivre, nombreux à nous leurrer! Quelles mers résonnent au fond de nous, dans cette nuit d'exister, sur ces plages que nous nous sentons être, et où déferle l'émotion en marées hautes !
Pour toucher au plus près de soi sans s'en apercevoir, comme dans le jeu de la vie des anges de l'ordinaire, il faut amener le cœur jusqu'à l'apnée, presque noyé, laisser encore courir le souffle, appréhender la peur et ses rivages...