L'âme vagabonde, sans cesse émerveillée devant le bonheur de ces petits riens qui font douce la vie, afin d'"encrer" leurs souvenirs, à coup de mots, de photos, de pensées traversantes, j'ai fait de mon blog leur port d'attache.
Sommes-nous nombreux ainsi, à naviguer les yeux au ciel suivant la course des nuages ?
Des semaines, que dis-je, des mois sans écrire et ce soir, sous ma plume, deux, trois mots timides s'émoustillent.
L'un dans l'autre germe l'idée...
Elle volera en éclats effarouchés, avant même d'être vraiment née, les ailes brûlées d'avoir approché de trop près la lumière.
Alors se souvenir de toutes ces choses qui font vibrer.
D'abord, la musique. Elle est là pour donner un sens aux larmes des jours de profonde détresse, lorsque l'on ne sait plus très bien pourquoi la vie.
Avec les musiciens, ces magiciens qui touchent à la corde sensible de l'âme en modulant l'air que l'on respire, au gré des émotions qui montent crescendo jusqu'à faire battre les cœurs à l'unisson dans une communion où tout redevient possible.
Moins d'une minute chrono pour réaliser de A à Z la recette, d'une facilité déconcertante, de cette mayonnaise.
Le temps de verser 30 cl d'huile dans le bol d'un mixer plongeant ;
de rajouter un œuf entier ;
+ 1 càc de moutarde ;
+ 1 pincée de sel fin ;
+ le jus d'un demi citron
puis de plonger le mixer pour un va-et-vient de haut en bas et de bas en haut de quelques secondes, et le tour est joué, la mayo est prête à être dégustée.
Il suffira de déposer une gousse d'ail coupée sommairement au fond du bol, avant de verser l'huile, afin d'obtenir un savoureux aïoli, ou encore de rajouter à la mayonnaise nature, du vinaigre, ou toutes sortes d'herbes hachées (ciboulette, estragon, aneth... ) pour varier les plaisirs.
Miam !...
NB : petite astuce pour débarbouiller le mixeur de tout son gras une fois la mayo débarrassée dans son plat de service, ajouter de l'eau chaude et une goutte (pas plus, attention à l'émulsion débordante !) de liquide vaisselle dans le bol et faire tourner le mixer quelques secondes, puis rincer abondamment le tout après avoir pris soin de débrancher la prise électrique.
- le mixeur plongeant, appelé aussi girafe, est l'ustensile indispensable -
Pouvoir m'émerveiller quotidiennement devant le spectacle sans cesse renouvelé de la flore et la faune sur mon petit lopin de terre reste un de mes privilèges que je n'échangerais pour rien au monde....
Je vous présente le chardonneret élégant. Lui et madame se sont posés dans mon jardin l'autre matin. J'avais bien remarqué un chant nouveau dans les arbres quelques jours auparavant, avant qu'ils ne viennent faire leurs emplettes au sol.
Me voilà ravie de cette rencontre et je reste à l'affût de les revoir bientôt.
La qualité de l'image laisse à désirer car ayant trop peur de les voir s'enfuir avant de réussir à immortaliser leur passage je n'ai pas pris le temps de régler correctement mon nouvel appareil photo dont je suis loin de maîtriser tous les rouages.
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L'oiseau ci-dessous, je n'ai pas réussi à l'identifier. Peut-être s'agit-il du gros-bec, ou alors du pinson du nord ?
En tous les cas, il s'agit pour lui aussi de la première apparition chez moi. En espérant qu'il y en aura d'autres...
La rapidité et la facilité d'exécution sont deux atouts majeurs pour cette recette de pâte brisée, succulente au demeurant soit en version salée, soit en version sucrée.
Je viens de la tester pour une tarte aux pommes (eh oui, encore des pommes, toujours des pommes, nous sommes très pommes à la maison) jugée sublime par mes gourmands. Je confirme aussi la rapidité d'exécution.
Les ingrédients :
150 g de beurre pommade (le passer 30 secondes au micro-ondes en sachant que l'on veut du beurre mou mais surtout pas fondu ou bien le sortir du réfrigérateur trois heures avant) ;
300 g de farine tamisée + une pincée de sel (sauf si on utilise du beurre salé) ;
2 càs bombées de sucre fin si l'on veut une pâte sucrée ;
8 cl de lait (ou d'eau) ;
6 pommes Chantecler + 2 càs de sucre fin ou de cassonade (facultatif, mais ce sera moins gourmand !)
Les étapes :
préchauffer le four th. 6 (180°C) ;
tamiser la farine avec le sel dans un grand saladier ;
ajouter le sucre et mélanger ;
puis ajouter le beurre pommade ;
amalgamer le tout en frottant entre les mains jusqu'à obtenir un sable plus ou moins grossier ;
une fois le sable obtenu, ajouter le lait et pétrir la pâte rapidement ;
la mettre en boule puis l'étaler directement sur un papier cuisson que l'on glissera dans le moule de son choix ;
peler et couper chaque pomme en huit quartiers ;
les disposer sur la pâte et saupoudrer de sucre à sa convenance :
mettre à cuire 35 min à four chaud.
Miam !...
- Les photos sont d'anciennes photos, prises en d'autres occasions -
- en français, cela donne un ragoût de riz, haricots blancs et boudin noir aux oignons -
Pour retrouver le bon vieux temps, celui où ma mère nous régalait de sa cuisine familiale inspirée par sa propre enfance ensoleillée de saveurs safranées, je viens de cuisiner, revisité à ma façon selon mes souvenirs gustatifs, un ''guisado'' (ragoût) parmi mes autres madeleines de Proust. Celui ci, parfumé aux graines de cumin, se compose de riz, de haricots blancs, et du fameux boudin noir aux oignons, la petite merveille sans laquelle ce ragoût ne serait pas le guisado de mes souvenirs, trouvée récemment chez un producteur local.
LA RECETTE
Pour 4 à 6 personnes, il faudra : (les portions sont approximatives, il ne faut pas hésiter à les rendre plus généreuses, sachant que comme tout bon ragoût qui se respecte, les restes sont encore meilleurs réchauffés le lendemain)
500 g d'haricots blancs secs mis à tremper la veille ;
1 grand verre de riz (le riz pour paella est parfait) ;
1 oignon blanc doux
2 ou 3 morcillas (petits boudins aux oignons, qui peuvent se présenter soit petits et ronds ou bien comme une grosse saucisse) ;
400 à 500 g de plat de côtes de porc
300 à 400 g de petit salé
un bouquet garni du jardin (thym, romarin, laurier sauce) et 2 gousses d'ail entières légèrement écrasées ;
du sel
½ càc de graines de cumin
LES ÉTAPES :
Dans un grand faitout, après les avoir égouttés mettre à cuire les haricots blancs (habichuelas) largement recouverts d'eau froide ;
plonger le plat de côte et le petit salé dans la casserole avec les haricots ;
émincer l'oignon et le faire revenir à feu doux dans une poêle ;
couper les boudins en deux s'ils sont longs, sinon les laisser entiers et les faire revenir dans la poêle avec les oignons ;
une fois tout bien doré, verser le contenu de la poêle dans la casserole où l'eau a commencé à bouillir ;
baisser le feu puis ajouter le bouquet garni + les graines de cumin + les gousses d'ail ;
lorsque les haricots sont tendres ajouter le riz et laisser courir toujours à feu doux ;
saler et laisser mijoter ;
ne pas hésiter à rajouter de l'eau en cours de cuisson. Il faut que le ragoût soit juteux mais pas trop liquide ;
lorsque le riz est cuit à son tour, bien fermer le couvercle, éteindre le feu et laisser reposer le temps de dresser le couvert et de passer à table.
Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence
Cher journal
Toi et moi, on se donne du tu depuis pas mal de temps déjà, comme si l'on se connaissait depuis toujours. Pourtant j'ai souvent le tournis lorsque je pense à toutes ces histoires écrites depuis la nuit des temps avec leurs secrets qui coulent dans mes veines...
Je suis un fruit multi-cultures par excellence, issu du péché originel avec la culpabilité en guise de noyau. Un prétexte de corps, avec tout le poids que cela représente.
Mon arrière grand-père maternel, jeune et fringant hidalgo andalous, a quitté les terres de ses aïeux, fuyant la guerre fratricide pour s'en aller chercher la paix aux Amériques. Pourquoi s'imagine-t-on toujours qu'il fait meilleur vivre loin de chez soi ?
Il apprit à ses dépens que la Grande Dépression avec ses ravages sévissait partout, de Buenos Aires à San Francisco.
Tel un enfant prodige, il revint à la maison, triste et désabusé, certes, mais tellement riche de tout ce que la vie lui avait appris, qu'il était désormais prêt à se battre pour rendre le soleil digne des siens.
De son périple dans le nouveau monde, il ramena avec lui, sa femme, Doli. Métisse Navajo par son père, dont les ancêtres avaient connu la Longue marche vers Bosque Redondo, elle avait hérité de sa mère irlandaise, dont l'histoire s'était noyée au fil de la mémoire, d'un pétillant regard vert qu'elle transmis à son tour à deux de ses cinq enfants.
Les origines italiennes de mon père remontent loin. Du temps où une récession autour du lac de Côme a sonné l'heure de l'émigration chez une partie des membres de la confrérie des potiers. Certains d'entre-eux viendront mêler leurs sangs entre Almeria et la plaine de Puerto Lumbreras. C'est ainsi que l'art de la céramique sigillée s'est transmis de génération en génération sur ce petit bout de terre ibérique, jusqu'à mon père. Lui a préféré l'appel du large pour suivre hors de la frontière les beaux yeux de ma mère...
À bientôt, cher journal. Voici venue l'heure de me recueillir en silence sur le mémorial de fortune érigé pour toujours dans mon cœur.
Il habite seul en haut d’une tour, très haut perché, ultime étage.
Sa chair est d’ouate légère, ses os d’argile. Entre deux regards en déchirure, sa peau douce à l’échancrure se veine d'un mauve incandescent. Ses longs cils baissés sur le duvet de ses joues rebondies tremblent sous le canon des menaces qui abîment le monde.
Le jour, pour oublier il dort, mais dès la nuit tombée, dès que le bleu soigne son apothéose, il s’émerveille, s’habille de frissons et se met à respirer. Il ne sait pas s'y prendre, l’air, par goulées entières, l’étouffe avidement. De toutes ses forces il cherche à retenir la vie, désespérément accroché au fil de songes éclaboussés d'idéal.
Noyé au cœur d'ébène d'une nuit sans fard, il entend régulièrement les trémolos étranges de rites anciens balbutiant en sourdine. Il reconnaît le murmure des arbres malheureux dans les rafales tourmentées du vent.
Au loin, quand l’orage gronde, jamais il ne sait d’où il vient, mais il le devine là, ruminant mauvais derrière ses fenêtres, prêt à disperser la paix frivole, inconsciente qui ronronne et palpite sans jamais douter de rien.
Alors, il court, il s'envole, ses jambes à son cou tant il a peur de voir s’enfuir l’ombre de son ombre. Une fois volant haut, une fois frôlant bas, les rayures de travers dans le décor d'un corps la tête à bout de bras, disloqué il virevolte pour finir brisé sur la façade d'un quelconque recto maladroit.
À l'orée d'or du crépuscule, comme une invite à la blessure, le temps qui ride l'enfance creusé d'oubli peu à peu l'efface. S'agitent alors dans les limbes opaques des lambeaux de mémoire sacrifiée.
De ses pensées malhabiles il tente de consoler les torts amoncelés en-dedans, s'écorchant l'âme à leurs éclats indécents. Ses gouttes d'un sang farouche teinté rouge violent barbouillent régulièrement le macadam barbare au cœur dur comme la pierre.
Les nuits de lune ronde, il l’encercle de ses bras pour la bercer comme on berce le monde. Mais le monde l’ignore, lui, plus léger qu’un fétu égaré. C'est pourquoi, certains soirs de crépuscule grandiose, il dépose son innocence et ses larmes tristes au pied des rires décousus et s’en va guilleret soudoyer le néant.
Il se dit que le ciel est étrange. Parfois chant de guerres et de gloires éphémères dédiées aux tyrans, parfois, tel le tableau vide qui efface l'odeur de la craie, il se métamorphose en champ de roses à simuler l’indifférence par la beauté et ses parfums envoûtants.
Lorsque son cœur se remet à battre la chamade piano piano, dans un sanglot qui l'étouffe encore, il se prend à rêver d’éternité...