L'âme vagabonde, sans cesse émerveillée devant le bonheur de ces petits riens qui font douce la vie, afin d'"encrer" leurs souvenirs, à coup de mots, de photos, de pensées traversantes, j'ai fait de mon blog leur port d'attache.
Sommes-nous nombreux ainsi, à naviguer les yeux au ciel suivant la course des nuages ?
L'éventail à main, ou abanico en espagnol, est pour moi le symbole de mon pays natal. Au même titre que les castagnettes, le gaspacho ou les chants andalous.
Jusqu'à peu, il restait l'accessoire décoratif rapporté de mon dernier voyage en nostalgie, bien rangé dans son étui.
Canicule oblige, il trône dorénavant à mes côtés aux heures les plus chaudes.
A l'heure où tout le monde est en train de se demander comment nous allons résister au réchauffement climatique qui va nous faire brûler en enfer, comment nous allons pouvoir survivre à cette planète en train de craquer de toutes parts, me voilà dans mon petit coin à m'apitoyer sur mon écriture qui fiche le camp...
Très tôt, j'ai su que je ne parlais pas le même langage que les autres. Eux semblaient très bien se comprendre et répondre à des codes bien établis, mais moi il fallait toujours que je réajuste les paroles aux actes si je ne voulais pas perdre pied. C était usant. Cela l'est toujours.
D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai tout appris dans les livres, en faisant les déductions nécessaires au fur et à mesure de mon apprentissage par rapport à ce que je saisissais du monde autour de moi.
C'était hier à peine, j'allais sur mes six ans et je me souviens de la joie profonde qui m'a submergée à l'instant précis où j'ai compris que je savais lire. Ce sentiment de liberté qui m'a envahie alors, je peux le sentir battre dans mon cœur encore aujourd'hui tellement c'était une sensation puissante. Le monde m'appartenait, il était devenu mon empire et tout devenait possible, même me consoler des blessures anciennes. Avec la frénésie du mort de soif qui découvre l'eau, je me suis mise à lire tout ce qui tombait sous mes yeux.
Ce qui n'a pas laissé beaucoup de temps à mon audace flambant neuf pour prendre son envol. Car il y a un lourd tribut à payer à la liberté d'apprendre : celui de comprendre.
Je suis certaine d'avoir été contaminée par le spleen, quelques jours à peine après avoir appris à lire. Tout ce qui me tombait sous les yeux y passait. C'est ainsi qu'un jour, celui où j'ai fièrement rapporté de la bibliothèque de l'école un très joli livre cartonné avec des pages glacées ornées de jolis dessins avec des pans entiers d'écriture, j'ai appris en quoi consistait notre destinée d'être vivant.
C'était l'histoire de Boule de Neige et de son frère Boule de Suif, deux gentils petits lapins, mignons comme tout. Ils passaient des jours heureux et insouciants auprès de leurs parents aimants, à jouer, se taquiner, pas toujours très sages, mais les enfants sont ainsi, n'est-ce-pas, à courir partout et à rire de tout. Et puis il y eut ce matin de printemps, où, sans écouter les recommandations de maman lapin qui connaît les dangers de la vie mieux que personne, ils s'éloignèrent plus que de raison du terrier familial pour galoper dans le pré. Enivrés par leurs jeux et l'odeur de l'herbe nouvelle, ils ne s'aperçurent que trop tard de l'ombre menaçante de l'aigle qui planait au-dessus de leur tête et fonça tout à coup sur eux. Il emporta Boule de Suif dans son aire où l'attendait toute sa nichée affamée.
Je me rappelle avoir lu jusqu'au bout avec l'espoir insensé que Boule de Suif allait resurgir près des siens, un peu comme on se frotte les yeux pour faire disparaître le cauchemar qui vous a réveillé en pleine nuit, mais qui ne se dissipera pas complètement. Je me souviens avoir été triste aussi pour les petits aiglons si papa aigle n'était pas revenu au nid avec leur pitance. J'ai trouvé le monde très injuste ce jour là où j'ai compris aussi toute la cruauté de la vie.
C'est depuis ce jour où mon innocence s'est envolée que je me suis davantage renfermée sur une peur déjà pas mal exacerbée par l'exil mal vécu.
Je ne vais jamais chez le poissonnier en me disant ''je vais prendre ceci, ou bien cela... '' . Je prends ce qu'il y a, à condition, bien entendu, que la vue me réjouisse.
Hier, il restait sur l'étal deux pauvres petites darnes de merlu, soit une trop petite portion pour les gourmands que nous sommes. Qu'à cela ne tienne, des queues de merlu trônant tranquillement à côté de nos petites darnes esseulées sont venues compléter copieusement nos emplettes, et du coup, notre déjeuner du lendemain.
Une fois les filets levés dans les règles de l'art, et le tout passé sous la douchette puis soigneusement essuyé, j'ai cuisiné deux plats en fonction des goûts de chacun.
Pour l'un, ce sera la moitié du butin passé à la farine et frit à la poêle, tout simplement.
Pour l'autre moitié :
- 1 carotte râpée puis déposée au fond d'un plat allant au four,
- à laquelle on mélange un petit oignon blanc doux émincé,
+ une bonne poignée de tomates cerises coupées en deux,
- on creuse un petit nid dans les légumes pour déposer les filets de poisson,
- on arrose avec le jus d'un demi citron et on coupe l'autre moitié en quartiers que l'on rajoute dans le plat,
- on fait couler un filet d'huile d'olive,
+ un filet de sauce soja en guise de sel
- il ne reste plus qu'à émietter quelques brins d'origan par-dessus avant de glisser dans le four chaud (200° C) pour 20 à 25 minutes.
Miam !...
NB : un plat que l'on peut agrémenter à sa guise, pour plus de gourmandise encore : d'ail, d'olives noires, de feuilles de laurier, de gingembre, de curcuma râpé, etc...
De Toutankhamon à Néfertiti (on retrouve dans leurs tombes les graines de Nigelle offertes aux grands pharaons), cette plante ''bénie des Dieux'' prête sans compter ses fleurs blanches ou bleues aux multiples usages et bienfaits à qui la sème dans son jardin.
Elle se ressème naturellement et avec une grande générosité.
Il ne faut pas hésiter à récolter les graines de ses capsules ornementales (photo à suivre) une fois arrivées à maturité.
Ces fameuses graines, noires, d'où le nom de la fleur, appelées aussi ''cumin noir'' et dont Mahomet aurait dit : “L'huile de cumin noir guérit toutes les maladies sauf la mort.”, ont un goût très prononcé, légèrement poivré. Elles relèvent les infusions que l'on adoucira avec du miel, et accommodent beaucoup d'autres préparations culinaires, aussi bien salées que sucrées...
Tant que l'on pourra s'émouvoir encore et encore devant la simple beauté d'une fleur, on tiendra la dragée haute au désespoir. Celui qui prend parfois aux tripes et donne envie de fermer définitivement les yeux devant ce monde qui devient de plus en plus fou, de plus en plus violent...
L'omelette de Pâques à ma façon, cela donne une tortilla de patatas. La fameuse, l'inoubliable tortilla de mon enfance. Elle fait partie de l'héritage culinaire familial, au même titre que la salade russe ou l'empanada de mon père.
J'ai trouvé plusieurs recettes qui préconisent de rajouter un oignon aux pommes de terre. Certes, cela donne un résultat gourmand, cependant la meilleure, la vraie et l'unique recette pour moi, restera à jamais celle de ma mère.
Tout simplement des pommes de terre coupées en cubes, que l'on fera fondre doucement à la poêle, avec couvercle, en les retournant régulièrement et en les écrasant un peu au passage. Lorsqu'elles sont bien moelleuses, on rajoute des œufs battus en omelette. Il faut laisser dorer le tout à feu doux, puis retourner sur le couvercle (ou une assiette) et faire glisser délicatement dans la poêle pour cuire l'autre côté, en prenant garde toutefois de ne pas se brûler, car l'opération nécessite un certain tour de main.
Pour l'accompagner, chaude ou froide, rien de tel qu'une bonne salade de tomates de saison, accommodée à sa convenance.
- les tomates 2025 n'étant pas encore arrivées sur les étals, il s'agit ici d'une salade d'hiver cuite au four, composée de tomates cerises rondes, d'olives noires, de poivrons rouges et jaunes confits et d'anchois à l'huile, qui a servi de garniture à une tarte de la veille -