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Katie, à l'Ombre des Mots Songeurs

Poésie entre vie, couleurs et lumières, entre mes ratures et mes baz'Arts

Scandaleuse mélancolie

Publié le 20 Janvier 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

 

    Scandaleuse mélancolie

 

Les jours de grands pas en avant tout va

l'étincelle bras ouverts fauchant large

émerveille mes pensées embrassées de rubans

 

Puissante marée des jours au goût de sang

sous le joug des trémolos la joie s'agrippe au bastingage

improvisant in petto son énième naufrage

 

Violence inouïe venue du fond des âges

une colère mal contenue éructe des relents âcres

disloquant la digue noyant mes jours naïfs et sages

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La politique des petits pas

Publié le 11 Janvier 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans À fleur de pensée

 

    La politique des petits pas

 

Trois petits pas en avant, deux pas en arrière. Ainsi veut la vie.

Dans ce dodelinement, cahin-caha, le temps passe et me surprend encore...

 

 

Au dernier étage, tout là-haut, au sommet de ma petite personne, se trouve le moulin à pensées. Jamais il ne s'arrête de brasser l'air autour. Enfin, c'est ainsi que je vois les choses.

 

La seule énergie dont il a besoin pour s'alimenter et fonctionner, c'est de la solitude. Une bonne et franche solitude. De celles où l'ennui s'est carapaté sans crier gare, sans faire de bruit ni laisser de traces dans le cocon douillet que je peaufine à l'envi.

 

Pour le mettre en marche, nulle combine n'est nécessaire. Il démarre au quart de tour, à peine les yeux se détachent du monde comme pour mieux y pénétrer.

 

On pourrait être tenté de croire que les pensées gisent dans un inextricable fouillis, ventre ouvert, tripes offertes au chien errant. Il n'en est rien. Elles ressemblent davantage à des lambeaux arrachés au vent, qui se colleraient par brassées folles aux branches nues d'un arbre gigantesque, pour l'habiller façon multicolore. Un peu comme ces drapeaux à prières qui claquent sur les sommets inhospitaliers de l'Himalaya souhaitant se faire entendre des dieux.

 

Pour décrypter ces pensées, rien ne sert de se munir de lunettes de vue. Floue de prime abord, celle du moment, lentement mais sûrement, se précise, ciselée par une serpe abusive et magique dans une masse informe, d'où jailliront mille têtes à couper qui n'attendront pas forcément leur tour pour passer à tabac ma pauvre caboche.

 

De cet imbroglio magistral émergera comme par imprudence la pensée impérieuse, me laissant orpheline de toutes les autres. Celles qui auront pointé le bout de leur nez sans réussir néanmoins à se tailler la part du lion.

 

Attention cependant de ne pas se fourvoyer en croyant que ce n'est que partie remise pour les pensées recalées. Fauchées à peine ébauchées, jamais la chance ne se représentera pour les faire valoir comme elles l'auraient sans doute mérité.

 

Avec le temps, j'ai appris à ne plus trop me lamenter sur ces rendez-vous manqués. Bien aidée en cela par le copieux terrain de découvertes à explorer offert par la pensée initiale.

 

Pour que le tableau brossé soit à peu près complet, il ne faut pas négliger le découragement qui me gagne souvent après ce rude exercice de la pensée équilibriste. Ses cillements sont autant d'étaux propices à réveiller les migraines si je n'y prends garde. Le temps, toujours lui, m'a appris à m'en défaire de la manière la plus simple qui soit. Elle consiste à leur donner le moins d'importance possible, les prenant pour un banal jeu de l'esprit qui n'engendrerait aucune répercussion nocive.

 

À ce propos, je dois avouer que même si le jeu maintes fois m'enchante, il est des jours où il m'agace prodigieusement, telle la mouche que l'on peine à chasser de devant les yeux et qui revient inlassablement titiller au même endroit. D'autant plus agaçant que je n'ai pas encore trouvé la parade pour clore radicalement le bec à ces rabâchements, abusifs d'autant plus qu'ils ne sont pas particulièrement désirés.

 

 

 

 

 

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Au nœud de nos chagrins

Publié le 9 Janvier 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs

 

    Au nœud de nos chagrins

    

         

Chagrins. Incommensurables chagrins...

 

 

Dans la clique à chagrins on retrouve serré

le chagrin chafouin des débuts

patibulaire qui va disloquer la tête

déboulonnant la confiance

disséminant la peur partout

 

Petite, mes peurs étaient immenses...

 

Puis vinrent les chagrins du lundi au dimanche

empalés de l'indécence qui dézingue à tout-va

 

Dans l'espace laissé creux

le cœur disloqué à trop s'érailler

emballe l'arythmie des jours ordinaires

du chagrin chaussant les chérubins sur Terre

 

 

 

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Le dard à dire

Publié le 3 Janvier 2021 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Le dard à dire

 

Quand l'aiguillon s'émousse

que je perds à la fois le fil et la foi

dégoupillée par la bêtise qui enorgueillit les ânes

dire n'est plus la nécessité qui gronde

alors interloquée je reste là...

 

Quand l'empathie me quitte en douce

que seul le ciel à l'horizon fait encore palpiter

mon cœur serré au bord de la nausée

les mots en guenilles puis l'espoir à mes pieds

dépouillée je me délove du monde

 

 

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La tarte aux pommes du 31 décembre

Publié le 31 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Miam !

 

LA RECETTE

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Pour la pâte

dans un saladier mélanger jusqu'à obtenir un sable fin :

- 250 farine tamisée

- 1 pincée de sel

- 125 g de beurre coupé en petits morceaux

 

puis y ajouter :

- 1 œuf battu avec 100 g de sucre

 

Rouler la pâte en boule et la laisser attendre 20 min au frigo

 

Pour la garniture préparée à l'avance :

- un plein saladier de pommes émincées assez gros, légèrement sucrées (l'équivalent de 6 à 7 belles pommes - pour moi, la Chantecler, la meilleure pomme à tarte ou à compote qui soit actuellement)

 

30 min de cuisson à four chaud à 180° C

 

* petite astuce : avant d'enfourner, verser sur les pommes le jus sucré qu'il reste au fond du saladier.

 

 

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Désossée sous la lune

Publié le 29 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Désossée sous la lune

 

Abusée par ta voix de désir

amie nuit menue tu me laisses

boue fondue contours lisses

floue et molle l’argile douce

glisse du reflet de ma glace

en débris d’os calcinés

 

Usée par les regards bibelots

dans un monde et son lit méfait

ma lumière bâillonnée

engluée jusqu’aux dents

dans les mots marécages

s’étouffe et j’aspire à l’immense

 

À trop griffer le silence

pour absoudre les injures

sous un ciel vêtu de fêlures

mes étoiles lointaines cloîtrées

ventre ouvert offert au soleil

je rêve d’incendie sur ma peau

 

 

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Mon narguilé

Publié le 29 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

   à l'écoute : Cyndi Lauper - Time after time    

 

    Mon narguilé

 

 

   De toutes les années, 2016 fut la plus folle, la plus prolixe. La vie pleine me frappait alors de ses couleurs vivaces. Je n'en avais pas tout à fait conscience...

 

   Le trop-plein d'un tout m'arrivait par vagues entières, ressac attendrissant.

 

   Mon merci infini à toutes ces pages écrites, ces lettres alignées, ces phrases zéro limite. Grâce à elles je relis et les souvenirs remontent aussi clairs que vécus ces jours enfuis.

 

   Pour cette même raison j'aime les images capturées dans un réflexe fou : celui de m'emparer du merveilleux qui nimbe l'instant. Comme s'il m'était possible de figer pour l'éternité la sensation vertigineuse, voire délicieusement douloureuse, qui m'étreint le cœur pendant un laps de temps hors du temps.

 

   Je lis, j'écris, je chante et je vole des images au ciel. Mon bonheur est fait de choses simples. Ma douleur, elle, puise au-delà.

 

   Cristallisée au creux des larmes, je cherche en vain dans le miroir sans fond pourquoi autant de peine m'étreint le cœur et pétrit ma chair.

 

   Remontent de temps immémoriaux des échos qui font vibrer ma mémoire et ce sentiment indéfectible de culpabilité. Je suis un maillon au bout d'une si longue chaîne née de l'argile et mon humanité est tant de fois blessée, par moi, par les autres...

 

   Mon histoire est un grain de sable s'émouvant dans l'éternité.

 

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Quand le soleil joue avec mes ciels de décembre

Publié le 24 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans instantanés

 

 

 

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Lina et la Lune

Publié le 14 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans L'histoire de Rature Rainbow

 

 

 

          Lina et la Lune        

 

 

 

 

  Ce n'est pas un seul souvenir que je garde, c’est une multitude fichée en plein cœur.

 

  A deux ou trois exceptions près, la plupart ne sont que des entames de souvenirs, qui donnent l’envie, qui mettent en faim mais qui ne tiennent pas leurs promesses. Des bribes rebattues à hue et à dia, obsédantes. Des boucles rembobinées maintes fois, des tournicotis à vertiges, des lambeaux de mémoire. Mais voici l’histoire de celui par qui tout a commencé.

 

  Je suis née dans un pays où le soleil tape si fort l’été, qu’il assomme tout, y compris le moindre bruit. L’expression « ne pas entendre une mouche voler » a été inventée sous cette latitude, c’est certain !

 

 Seulement voilà, dès que l’astre despote rejoint son ombre, les bruits réapparaissent comme par enchantement. Pour rattraper les heures perdues, le vacarme devient vite assourdissant. Caquetages et cliquetis haussent le ton et s’en donnent à cœur joie. Les portes, les fenêtres s’ouvrent en grand pour faire circuler l’air frais de la nuit amie. La brise du soir se fait douce, dans chaque maison on en fait réserve, on s’agite, on bouge, on crie, on rit, on chante, on danse aussi. La rue s’anime. L’heure est à la pleine vie.

 

  C’est dans cette ambiance que s’inscrit mon premier vrai souvenir.

 

  Je suis bébé. Pour que je puisse participer à la joie populaire sans trop rompre ma quiétude de nourrisson, on approche mon berceau de la fenêtre. J’entends encore les flonflons de la fête qui m’enchantent l’oreille. Je somnole dans cette plénitude, sourire béat aux lèvres. Le souvenir est agréable, doux comme la caresse d’une plume.

 

  Cette même plume sur laquelle je m’évade régulièrement pour aller faire un tour dans les étoiles.

 

  Et tout ça, à cause de la Lune.

 

  J’ai fait sa connaissance un de ces fameux soir de liesse où je suçais tranquillement mon pouce dans mon berceau. Elle balançait tranquillement sa gouaille, suspendue à un coin de ma fenêtre. J’ai dévisagé sans sourciller sa figure aussi ronde que la pastèque posée sur la table. Un large sourire creuse deux fossettes sur ses joues rebondies et plisse ses yeux, lui donnant l’air malicieux. Son regard pétillant de braise est habillé de longs cils recourbés, à faire crever de jalousie toutes les filles de Navarre et d’Andalousie réunies. D’un clin d’œil complice nous devenons amies croix-de-bois croix-de-fer. Elle raconte les histoires comme personne. C’est elle qui va m’offrir l’instinct qui jamais ne me quittera, elle qui va m’apprendre la vie, en long, en large, m’avertissant des travers dont il faudra plus tard que je me méfie.

 

  J’ai pris pour habitude, les soirs où elle disparaît complètement, de partir à sa recherche dans les limbes du ciel. C’est facile, il suffit de suivre à l’envers le chemin de la cigogne qui m’a apportée sur Terre.

 

  Je vous la fais courte, mais c’est ainsi que j’ai croisé, à les toucher du doigt, des hordes d’étoiles. Des fantasques, qui se jettent en pluie dans le vide, des hallucinées, fiancées éconduites, qui traînent au vent leur chevelure de rêves. J’ai connu des anges aussi. Dont un, mon préféré. Clown dans l’âme, il me fait rire aux éclats à chaque rencontre. Son rôle, dit-il, c’est de montrer le bon chemin aux revenants d'en-bas, pour ne pas qu’ils s’égarent dans les nuages. Il siffle, aussitôt une multitude d’oiseaux multicolores jaillit de nulle part pour jalonner la route sur laquelle, d’un geste secret, il a fait éclore un tapis de mille fleurs aux senteurs divines.

 

  J’ai ainsi été bercée trois années durant, sans m’ennuyer une seule seconde dans mon lit de lune. Puis le charme brutalement s’est rompu. Mes parents, après avoir emballé famille et souvenirs dans des valises mal ficelées, ont embarqués pour l’exil, vers un pays où l’on dort fenêtres fermées.

 

  C’est un soir d’hiver, quand je ne m’y attendais plus, que mon amie la Lune est revenue illuminer ma fenêtre. Il faisait très noir, très froid dehors. Inquiète, je guettais le retour de Papa derrière les carreaux embués par la soupe qui trottait sur le fourneau depuis le milieu de l’après-midi. Lorsque soudain...

 

  Mais celui-là est un autre souvenir. Une prochaine fois, peut-être…

 

***

 

 

 

 

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Il m'en souvient encore...

Publié le 10 Décembre 2020 par Katie à l'ombre des mots songeurs dans Le fil des jours, ma muse

 

    Il m'en souvient encore...

(poème en cours de ravalement de langue :))

 

Pour autant qu'il m'en souvienne

l'onde des choses lointaines est un ressac incessant

qui tient haut la dragée à mon chagrin

 

 

Il me reste pour la peine et à tout jamais

la conscience vive

- si vive !

d'un monde à la hauteur de mes trois pommes

où mon soleil d'enfant sous les adieux soufflé

ficelle à la hâte une valise étrange

 

Ses promesses sur un quai de gare abandonnées

une main devant une main derrière

mon petit bonheur tranquille un jour s'en est allé

 

 

À n'importe quelle heure

de n'importe quel jour

n'importe quelle nuit...

 

Braises ardentes ravivées par les dimanches de fête

aux accents du bandonéon qui pleure sous la treille d'été

me manquent à la pelle mes malconnus tant aimés

leurs souvenirs fourchus sans crier gare m'agrippent

me serrent au col la poitrine bardée de sanglots

 

Dans mon coude repliée

la pulpe de mes doigts-mouchoirs aux larmes mouillée

 

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